Invité de l'émission Club d'Élites sur Vision 4, l'analyste politique et économique Dieudonné Essomba a livré une analyse sans concession de l'absence prolongée du président Paul Biya, qui a quitté le Cameroun pour la Suisse il y a bientôt deux mois. Selon lui, la situation d'incertitude actuelle, marquée par l'absence de vice-président et de remaniement ministériel, crée une confusion dont certains cherchent à profiter.
Dieudonné Essomba a d'abord rappelé que le problème ne réside pas dans la durée du séjour du chef de l'État à l'étranger, mais dans l'absence de mesures institutionnelles pour assurer la continuité de l'État. « Si, par exemple, Biya avait fait son remaniement ministériel et avait nommé un vice-président, il aurait même fait 100 jours ou 200 jours à l'étranger. Vous croyez que ça dirait quelque chose à quelqu'un ? Ça ne dirait pas grand-chose à quelqu'un. »
Pour Essomba, c'est l'absence de décisions claires – la nomination d'un vice-président, poste créé par la révision constitutionnelle du 4 avril 2026, et le remaniement ministériel annoncé depuis décembre 2025 – qui alimente les spéculations et la confusion.
L'analyste a souligné que la situation actuelle est tellement confuse que personne ne sait plus exactement qui fait quoi. « Le fait est que la situation est tellement confuse et on ne sait même plus qui fait quoi. »
Et d'ajouter : « Tout le monde ne regarde pas ce séjour long pour un chef d'État avec le même regard. Il y en a qui sont impatients à ce qu'ils partent pour qu'ils prennent le pouvoir. »
Dieudonné Essomba a mis en garde contre les agendas cachés qui se cachent derrière les interrogations sur l'absence du président. Pour certains, l'attente est celle d'une vacance du pouvoir qui leur permettrait de prendre la main. La confusion actuelle est donc, pour certains, une opportunité plutôt qu'une inquiétude.