Disgrâce - Prison - Décès : Ngoh Ngoh, le cas exceptionnel du Secrétariat général de la Présidence

President Paul Biya Ngoh Chantal Il occupe sans interruption cette fonction depuis près de quinze ans

Fri, 31 Jul 2026 Source: www.camerounweb.com

L'évolution du Secrétariat général de la Présidence de la République du Cameroun, centre névralgique du pouvoir présidentiel autrefois relativement stable sous Ahmadou Ahidjo, est devenue plus précaire sous Paul Biya. Plusieurs de ses titulaires ayant connu la disgrâce, la prison ou le décès.

Longtemps considéré comme le véritable cœur du pouvoir présidentiel, le Secrétariat général de la Présidence de la République est devenu, au fil des décennies, le meilleur baromètre des équilibres, des faveurs et des disgrâces du régime.

Sur les treize personnalités ayant occupé cette fonction sous Paul Biya, une seule a été propulsée à la Primature avant d'être brutalement écartée, puis conduite en prison. Cinq sont aujourd'hui décédées. Trois ont connu, ou connaissent encore, les geôles de la République. Une trajectoire qui illustre à la fois le prestige et les périls attachés à cette charge.

Sous le président Ahmadou Ahidjo, la stabilité prévalait. Un Secrétaire général demeurait en moyenne quatre ans et sept mois en fonction, soit 57 mois. Sous Paul Biya, cette moyenne s'est effondrée à moins de deux ans, à peine 24 mois. Le poste est ainsi devenu l'un des plus exposés et des plus précaires de l'appareil d'État.

Entre 1997 et 2011, Laurent Esso détenait le record de longévité avec près de quatre années passées à la tête du Secrétariat général, soit 63 mois.

Un record qui paraissait alors difficile à égaler.

Il a pourtant depuis été pulvérisé par Ferdinand Ngoh Ngoh. Nommé en décembre 2011, il occupe sans interruption cette fonction depuis près de quinze ans, un cas sans précédent dans l'histoire de la Présidence de la République.

Au fil des années, ses prérogatives se sont considérablement renforcées, notamment à travers une délégation de signatures exceptionnellement étendue, faisant de lui l'un des personnages les plus influents — et les plus puissants — de l'État camerounais.

Cette longévité hors norme soulève inévitablement une question : s'agit-il de la marque d'une confiance présidentielle absolue, ou du symptôme d'une concentration inédite du pouvoir administratif au sommet de l'État ? L'Histoire, comme toujours, en sera le juge ultime.

JPD

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