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General News Wed, 9 Oct 2019

Douala 5ème: des mototaximen attaquent la mairie

Ils ont lancé des projectiles et s’en sont pris aux agents municipaux à la suite du décès d’un des leurs au cours d’un contrôle routier.

Jusqu’à 14h mardi 08 octobre 2019, des policiers du Groupement mobile d’intervention (Gmi n°2) et des gendarmes étaient encore en faction devant la mairie de Douala 5ème, au quartier Bo-namoussadi. Pendant que les hommes en tenue montaient la garde, un autre véhicule du commissariat de sécurité publique du 12ème arrondissement effectuait une patrouille dans le périmètre.

Cet important dispositif sécuritaire a été mis en place après un assaut des conducteurs de moto-taxis. Un peu plus tôt dans la journée en effet, des moto-taximen, une centaine au total, ont assiégé le bâtiment abritant la mairie. Visiblement très remontés, ils voulaient en découdre avec les agents municipaux et autres responsables en service dans cette institution.

D’après les témoignages, les «benskineurs» sont arrivés sur les lieux peu après midi. Ils ont détruit des plaques de signalisation implantées devant la mairie et jeté des projectiles. Ils s’en sont également pris à toutes personnes vêtues de chasuble. L’agent de la mairie a reçu un projectile sur le dos. D’autres usagers ont été bousculés au passage.

Les conducteurs des véhicules à deux roues ont ensuite investi l’immeuble. Face à cette horde de jeunes en furie, des agents en service ont dû trouver refuge dans le cabinet du maire. Gustave Ebanda, le chef de l’exécutif communal, était absent au moment des faits. Les policiers du Gmi n°2 alertés se sont aussitôt rendus sur place. Ils ont dû utiliser du gaz lacrymogène pour disperser les manifestants.

Les mototaximen en expédition punitive venaient ainsi « venger » le décès de l’un des leurs, qui a perdu la vie lors d’un contrôle de véhicules non loin du lieu-dit Rond-point Maetur. Les témoignages indiquent que les contrôleurs ont stoppé un véhicule de marque Yaris. Mais le conducteur a voulu prendre la fuite, fauchant un conducteur de moto qui s’est retrouvé sur le bitume et a rendu l’âme. Les mototaximen qui ont vécu la scène ont aussitôt décidé de s’en prendre à la mairie.

Les agents municipaux de Douala 5ème soutiennent pourtant qu’ils ne faisaient pas partie de l’équipe de contrôle. «Le maire n’a pas envoyé les gens sur le terrain. gens sur le terrain. Aucune décision du genre n’a été signée. Depuis un an, nous ne procédons pas au contrôle de matériels roulants. Nous sommes en poste à la mairie », précise Gilbert Tchoffo, un agent de la police municipal.

Il raconte qu’à la suite de l’incident, les mototaximen se sont révoltés. Il a été trainé au milieu dans la foule et a échappé de peu à un lynchage. Carlos Ngoualem, le 6ème adjoint au maire, relève que le contrôle était effectué’ par des agents du ministère des Transports à travers la délégation départementale du Wouri et en l’absence d’agent de* la municipalité. Le maire s’offusque aussi du fait que ces contrôles du ministère des Transports en vigueurs depuis quelques temps se fassent dans la commune à l’insu des élus locaux.

«Le maire, les adjoints, les conseillers municipaux ne sont pas au courant de ces contrôles. Pourtant, lorsqu’on fait des contrôles, c’est pour des pièces qui doivent être payées à la mairie. Seuls les fonctionnaires savent ce qu’ils sont venus chercher à Douala 5ème. Au moment où nous parlons de décentralisation, le gouvernement doit prendre acte de ce qui s’est passé à Douala 5ème. La mairie n’a aucune responsabilité dans cette affaire», déplore Carlos Ngotialem.

Source: actucameroun.com