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Douala II : le maire accusé de vendre le cimetière de New Bell

Cimetiere281015650 L’on est tout aussi surpris des proportions que prend cette folle rumeur

Thu, 22 Sep 2022 Source: La Voix de New Bell

Alors que Mme le maire de la commune de Douala 2 s’active à sécuriser la dernière demeure de certains de ses compatriotes, des esprits retors font savoir que l’espace a été cédé à un opérateur économique qui n’existe que dans l’univers des propagateurs de fakenews.

La rumeur gagne de plus en plus du terrain. Ceux qui l’amplifient se donnent les moyens de faire d’elle un scoop auprès des esprits naïfs. « Le cimetière de New-Bell a été vendu. Les tombes vont être rasées pour céder la place à un imposant centre commercial », entend-t-on dans certains milieux de la ville de Douala. Même Bruno Bidjang, le journaliste en service à Vision4, s’est permis de prendre des distances avec les règles déontologiques qui encadrent son métier. Pour lui, «le cimetière de New-Bell à Douala a été vendu aux chinois pour ouvrir un espace commercial.» Face à l’indignation du Conseiller municipal, Charles Elie Zang Zang, le présentateur de Club d’Elites dira avoir des sources sûres et un but à atteindre.

Sous certaines chaumières, des détails sont même parfois donnés sur l’identité des personnes qui ont facilité la transaction qui permettra à un opérateur économique encore sous anonymat de lancer son affaire sur cet espace dédié au repos des morts depuis des lustres. Sa majesté Célestin Toko, chef de 3ème degré du quartier New-Bell Cimetière fait partie de ceux que l’on présente comme ayant bénéficié des passe-droits liés à la vente de cet espace situé dans son territoire de commandement.

«Il y a quelques jours, je me suis retrouvé dans un taxi qui m’a transporté du cimetière de New-Bell vers le quartier Bonanjo. Nous avions à peine parcouru une centaine de mètres lorsque le passager assis à côté du chauffeur nous a fait savoir, avec insistance, que le cimetière de New-Bell a été vendu, et que le chef de ce quartier a perçu près de 07 millions de francs CFA au terme de la transaction. Face à ce grossier mensonge, j’ai dû dévoiler mon identité non sans exiger que le conducteur nous dépose dans un commissariat de police pour que la lumière soit apportée à ce prétendu pourboire que j’aurais perçu. Ce propagateur de fausse nouvelle s’est ensuite fondu en excuses pour échapper à ma colère », relate sa majesté Toko. Le chef avoue lui-même ne pas comprendre l’origine de cette désinformation qui pollue l’atmosphère autour de la mise en œuvre de ce projet porté par la commune de Douala 2.

Délibération

A l’hôtel de ville de Douala 2, l’on est tout aussi surpris des proportions que prend cette folle rumeur. Des collaborateurs de Mme le maire sont pointés du doigt comme étant ceux-là même qui ont organisé cette filouterie foncière au profit d’un opérateur économique.

Et pourtant, toutes les dispositions réglementaires ont été prises avant la mise en œuvre du projet. La plaque signalétique qui se dresse à l’une des extrémités de la clôture en tôles qui sécurise le chantier indique qu’il s’agit bel et bien de l’exécution du « marché N° 01/M/CAD2/CIPM/ST/2022, pour les travaux de construction d’une clôture autour du cimetière de New-Bell ». Ce marché fait suite à une délibération votée par le conseil municipal de Douala 2, le 09 décembre 2021. Les travaux entièrement financés par le budget communal sont exécutés par l’entreprise ETS REGIS BULDING, sous la supervision du chef de service technique de la commune de Douala 2 et le contrôle du délégué départemental des travaux publics du Wouri.

Qu’est-ce qui peut donc justifier la méprise des renseignements ci-dessus, pourtant portés à la connaissance du grand public ? Des individus tapis dans l’ombre de la médisance et du sabotage auraient-ils décidé de détourner l’attention des populations des vrais buts visés par le maire Denise Fampou, à travers le lancement de ce chantier inscrit dans le plan de campagne communal ? Quel est le but que promet d’atteindre le journaliste Bruno Bidjang, lorsque que ce dernier s’interdit de faire les recoupements nécessaires auprès du maitre d’ouvrage ?

Pour le chef de l’exécutif communal de Douala 2, il s’agit d’offrir aux morts qui séjournent au cimetière de New-Bell un cadre qui respecte leur mémoire. Mme le maire souligne par ailleurs qu’elle a voulu répondre favorablement aux désirs des populations riveraines pour lesquelles le cimetière de New-Bell était devenu un fardeau insupportable. Lieu par excellence de rencontre des consommateurs des stupéfiants en tous genres, le cimetière était, en effet, devenu un grand foyer d’insécurité. Agressions, viol, trafic d’ossements humains y étaient devenus légions. L’espace était aussi devenu une aire de pâturage pour les propriétaires de bœufs.

Comme une caravane qui passe son chemin malgré les aboiements du chien, le service technique de la commune de Douala 2 poursuit sereinement la mise en œuvre de ce projet que les populations riveraines saluent maintenant, après que les divergences qui les opposaient à la municipalité, au sujet de la superficie du cimetière, ont été aplanies.

Source: La Voix de New Bell