Une dénonciation est faite, le contenu de la lettre divulgué par le lanceur d’alerte Boris Bertolt. Les conducteurs d’engins sont abandonnés à leur sort au sein de Boissons du Cameroun. Notre rédaction fait le relais.
« Je souhaite, à travers cette publication, attirer l’attention de l’opinion publique, des responsables de la SABC (Boissons du Cameroun) ainsi que des autorités compétentes sur la situation particulièrement difficile que nous vivons en tant que conducteurs d’engins (caristes) travaillant au sein de cette entreprise.
Après avoir exercé pendant plusieurs années comme travailleurs occasionnels, nous avons été transférés sous la gestion d’Emploi Service, avec des rémunérations inférieures à 250 000 FCFA et une assurance maladie couvrant uniquement 80 % des frais de l’employé, sans prise en charge de nos enfants ni de nos ayants droit.
Par la suite, nos contrats avec Emploi Service ont été interrompus afin que nous soyons transférés vers une autre société prestataire, tout en continuant à travailler sur les mêmes sites de la SABC. Lors de cette transition, seuls nos congés de l’année en cours nous ont été payés. Quant à notre 13e mois et aux autres droits éventuels, nous attendons toujours des explications et des clarifications.
Pourtant, à l’époque où nous étions directement employés à la SABC, les choses ne se passaient pas ainsi. Aujourd’hui, nous avons malheureusement le sentiment qu’il existe au sein de cette chaîne de sous-traitance un système dans lequel certains responsables semblent davantage préoccupés par la maltraitance des travailleurs que par le respect de leurs droits et de leur dignité.
L’esclavage moderne aurait-il encore sa place dans nos entreprises au Cameroun ? Plus grave encore, nous avons été récemment transférés vers une autre entreprise prestataire, tout en continuant à exercer nos fonctions au sein de la SABC. On nous a remis des contrats présentés comme des CDI, mais nos conditions de travail restent extrêmement préoccupantes.
Depuis plus d’un an, nous réclamons des ceintures lombaires, indispensables à la protection de notre santé compte tenu de la nature de notre travail. Jusqu’à présent, rien n’a été fait. Pire, lorsqu’on réclame ces équipements de protection, on nous demande de les acheter nous-mêmes, comme cela a déjà été le cas pour les chaussures de sécurité que nous avons dû acheter à nos propres frais l’année dernière.
Après plus de 10 ans d’expérience professionnelle, comment comprendre qu’un travailleur puisse passer autant d’années dans le même environnement professionnel sans véritable évolution de sa situation sociale et financière ? Nous sommes aujourd’hui découragés, frustrés et abandonnés à notre propre sort. Au moment où je rédige cette plainte, nos salaires ne sont toujours pas disponibles.
Nous ne demandons ni faveur ni privilège. Nous réclamons simplement le respect de nos droits, de meilleures conditions de travail, une rémunération régulière, une protection sociale digne de ce nom et le respect de notre dignité humaine. Nous interpellons donc la direction générale de la SABC (Boissons du Cameroun), les responsables des entreprises prestataires, l’Inspection du travail ainsi que les autorités compétentes afin qu’une attention particulière soit accordée à notre situation.
Nous sommes des travailleurs, pas des esclaves. Notre expérience mérite du respect, notre travail mérite une rémunération digne et notre santé mérite d’être protégée. Nous espérons que cette publication ne restera pas sans suite. À quand la fin de cette précarité pour les travailleurs qui contribuent pourtant chaque jour au fonctionnement de cette grande entreprise ? Il y a plusieurs morts par basculement d’engin et d’autres handicapés », termine le plaignant. À voir comment les responsables de la structure réagiront.