Depuis plusieurs jours, l’eau manque à Douala. Pas seulement l’eau, mais l’électricité également. Les habitants sont obligés de jongler avec la faible réserve qui leur restait jusqu’à ce que celle-ci également ne s’épuise.
S’agissant de cette coupure massive de l’eau, les langues se délient. Des révélations explosives d’un ingénieur de la Société nationale de transport de l’électricité (Sonatrel) mettent directement en cause la direction générale.
Dans le cadre de nos missions au sein de l’unité en charge de la maintenance des transformateurs, nous avons porté à l’attention de la direction générale Victor Mbemi la situation préoccupante d’un transformateur de marque Getra, de type HTB/HTA, qui est en exploitation dans le poste électrique 225 kV / 90 kV / 15 kV de Bekoko.
Ce transformateur, mis en service depuis la construction du poste, présentait déjà une ancienneté supérieure à 30 ans. Depuis l’année 2019, plusieurs signaux de dégradation ont été identifiés et documentés par nos équipes, traduisant un vieillissement avancé de l’équipement et une augmentation progressive des risques en exploitation.
À cet effet, plusieurs alertes techniques ont été émises, accompagnées d’évaluations détaillées des risques, incluant notamment le risque accru de défaillance interne ; la dégradation de l’isolation ; les contraintes thermiques liées à l’âge de l’équipement ; ainsi que les impacts potentiels sur la continuité et la qualité de la fourniture d’énergie électrique.
Lors d’une relance récente, effectuée il y a environ deux mois, ces préoccupations ont été réitérées auprès de la direction générale. Il convient de préciser que ces éléments avaient déjà fait l’objet d’une présentation en séance de travail, avec des arguments techniques étayés.
Cependant, malgré la récurrence et la pertinence des constats techniques, les préoccupations exprimées par les équipes d’ingénierie n’ont pas reçu l’attention requise. Il en résulte aujourd’hui une situation dans laquelle il est finalement défaillant sans qu’une décision structurante (réhabilitation, remplacement ou mise sous surveillance renforcée) n’ait été formellement engagée.