Douze mille policiers déployés en zones de crise, la formation reste à mesurer sur le terrain

Policiers Cameroun Image illustrative

Wed, 28 Oct 2026 Source: www.camerounweb.com

Former avant de déployer : c'est le principe défendu par le Cameroun à Genève. L'État affirme avoir recyclé puis affecté 12 000 policiers dans les zones de crise au cours des dix dernières années. Le chiffre est important, mais il ne dit pas encore ce que la formation a changé.

La délégation camerounaise répondait aux questions du Comité des droits de l'homme sur la lutte antiterroriste, la définition des infractions et les risques d'atteintes aux libertés. Elle a soutenu que les forces reçoivent une formation initiale et continue destinée à prévenir les violations. Elle a également défendu la loi de 2014, en affirmant qu'elle n'avait pas vocation à réprimer les critiques du gouvernement. Ces éléments constituent la position officielle présentée au Comité.

Pour évaluer le dispositif, il faudrait connaître la durée des modules, les contenus, les unités concernées et les mécanismes disciplinaires. Une formation aux droits humains se mesure par la conduite opérationnelle, le traitement des plaintes, les enquêtes sur les abus et les sanctions éventuelles. Le déploiement dans l'Extrême-Nord, le Nord-Ouest ou le Sud-Ouest confronte les policiers à des environnements différents qui exigent des règles adaptées.

La transparence protège à la fois les populations et les agents. Des rapports agrégés sur les incidents, les plaintes et les suites permettraient de distinguer les allégations fondées des accusations infondées. Le nombre de policiers formés est un indicateur d'effort. Il ne constitue pas encore une preuve de résultat. Le débat doit relier capacités sécuritaires, responsabilité et accès des victimes à des mécanismes de recours indépendants.

Source: www.camerounweb.com