EPERVIER : Paul Biya livre Cyrus Ngo’o à Laurent Esso

Cyrus Ngo’o Laurent ESSO Cyrus Ngo’o ne sera pas à son premier passage devant les juges du TCS

Thu, 8 Jan 2026 Source: www.camerounweb.com

Les choses se compliquent pour l’actuel Directeur général du autonome de Douala. Selon les confidences du lanceur d’alertes camerounais Boris Bertolt, le président de la république « Paul Biya a demandé au ministre de la Justice, Laurent Esso de rouvrir les dossiers de Cyrus Ngo’o en cours au Tribunal Criminel Spécial (TCS) » dans le cadre de l’opération « Epervier » destinée à lutter contre la corruption et le détournement des deniers publics.

Boris Bertolt confie que "Cyrus Ngo’o essaie désespérément de trouver des solutions illicites pour renflouer les caisses d'une entreprise mal gérée et soumise à un pillage systématique.

"Les nombreuses régies, succursales et représentations créées ne sont que des dispositifs de pillage et de trafic d'influence. Elles sont toutes en sureffectif et en échec opérationnel. C'est un véritable désastre managérial qui est en cours au PAD".

Ce nouvel épisode commence à quelques jours du remaniement ministériel annoncé par le président Paul Biya lui-même

Si cette information est avérée, Cyrus Ngo’o ne sera pas à son premier passage devant les juges du TCS.

En effet, en 2021, il avait été auditionné à la division des enquêtes de cette juridiction. Selon le récit de sa comparution, au moment de prendre la parole pour s'expliquer sur des faits de détournement de fonds publics, il a carrément refusé d'assumer les faits qui lui sont reprochés.

Cyrus Ngo'o était accusé, entre autres affaires, renseigne-t-on, dans celle concernant « la sécurisation du périmètre et du contrôle des accès du port de Douala ». On parle d'un marché qui devait être livré en avril 2020 portant sur 25 milliards de Fcfa, et qui n'a toujours pas été livré, mais dont le coût dépasse 31 milliards de Fcfa. D'autres langues rapportent que ce marché aurait été instruit et passé par le ministre d'Etat, secrétaire général de la présidence de la République, Ferdinand Ngoh Ngoh à une mystérieuse société appelée Portsec.

Face aux enquêteurs du Tcs, le Dg du Pad, presque en larmes, a laissé entendre qu'il a suivi les instructions provenant non seulement de la primature, mais également de la présidence de la République. Et qu'il n'est impliqué ni de près ni de loin dans cette affaire.

Il a révélé à l’époque aux hommes du commissaire de police divisionnaire Joël Oko Petis que, depuis sa nomination à la tête du Pad, le 25 août 2016, il a toujours, documents à l'appui, agi en application des hautes instructions des secrétaires généraux de la présidence de la République. Sentant le vent tourner, Cyrus Ngo'o a évoqué, par moment, quelques soucis de santé, provoquant ainsi une interruption de séance. Rendez-vous donc a été pris ce jour pour la suite de l'audition, sauf si lesdits soucis persistent.

À la suite de cette audition, il lui a été signifié son interdiction de sortir du territoire camerounais.

Il faut rappeler que le 5 août de la même année, Cyrus Ngo'o a été condamné par le tribunal de première instance de Douala-Bonanjo, à 06 mois d'emprisonnement avec sursis pendant 05 ans. Il était poursuivi par une société privée pour « abus de fonction » et « concussion ». Et au terme de l'audience, il a également été condamné à 1,7 millions de Fcfa d'amendes et 162 millions de Fcfa de frais de justice. C'était dans le cadre d'une affaire qui l'oppose à la société Cana Bois. Notamment sur la révision du régime tarifaire applicable aux prestataires fournis par le Pad. On ne saurait oublier l'autre affaire Pad-Dit du groupe Bolloré, au sujet de la concession du terminal à conteneurs. Affaire dans laquelle Dit a eu plusieurs fois gain de cause devant différents tribunaux.

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