EXCLUSIF : Chantal Biya choisit Oswald Baboké pour la Vice-Présidence et s'oppose fermement à Franck Biya

Oswald Baboke Chantal Biya Image illustrative

Wed, 3 Jun 2026 Source: www.camerounweb.com

La guerre des clans pour la Vice-Présidence vient de franchir un nouveau seuil. Selon des informations révélées en exclusivité par le lanceur d'alerte Boris Bertolt, la Première Dame Chantal Biya aurait arrêté son choix pour le poste de Vice-Président : Oswald Baboké, directeur adjoint du cabinet civil de Paul Biya — que certains décrivent comme un «pasteur milliardaire». Et elle s'opposerait fermement à la nomination de Franck Biya.

La révélation de Boris Bertolt confirme et précise ce que Jeune Afrique avait déjà entrevu dans son enquête exclusive du 13 mai 2026. Le journal décrivait alors Oswald Baboké comme «un homme discret, un modèle de réussite qui maîtrise les rouages du pouvoir et a toujours su rester à distance des guerres de clans» — un profil présenté par ses proches comme consensuel et non menaçant. Le fait que Chantal Biya l'ait désormais ouvertement placé en tête de ses préférences dit tout sur la logique qui guide son choix : Baboké, c'est un Vice-Président qui ne menace pas ses propres ambitions — contrairement à Franck Biya, fils de la première épouse de Paul Biya, dont la nomination représenterait une consécration dynastique qu'elle ne peut accepter.

Une source diplomatique basée à Paris avait confié à Jeune Afrique : «Le futur Vice-Président ne viendra pas de l'extérieur du palais.» Baboké, directeur adjoint du cabinet civil, est précisément un homme du palais — mais du bon côté du palais, selon Chantal Biya.

Cette révélation de Boris Bertolt s'inscrit dans une séquence que Jeune Afrique avait déjà documentée avec précision. Le journal avait révélé que le texte de nomination de Franck Biya comme Vice-Président «était prêt à être transmis à la CRTV» lors de la promulgation de la loi constitutionnelle en avril 2026 — avant que la chaîne ne «diffuse en urgence un curieux fond musical» à la place du communiqué attendu. Cause de ce blocage : «une intervention de Chantal Biya». La Première Dame qui empêche la CRTV de lire le communiqué de nomination de son beau-fils — l'image dit tout sur l'intensité de son opposition.

Jeune Afrique avait également révélé que Franck Biya «soupçonne le dispositif de renseignement lié au clan Ngoh Ngoh/Chantal Biya de diffuser des informations sur sa vie privée» pour le fragiliser — et que Paul Biya avait ordonné le «renforcement du dispositif de protection autour de la résidence de Franck Biya» selon une note de renseignement consultée par le journal. Des gardes du corps supplémentaires autour du fils du Chef de l'État. Le signal est éloquent.

La préférence de Chantal Biya pour Baboké s'explique par une arithmétique politique simple que les observateurs de la cour d'Etoudi connaissent bien. Un Vice-Président Baboké serait un homme du système, gérable, sans ambitions dynastiques propres — et donc sans menace directe pour la stratégie à long terme de la Première Dame, qui pousse son propre fils Franck Hertz dans l'ombre. Jeune Afrique avait révélé que le nom de Franck Hertz «était venu s'ajouter à la liste des prétendus favoris» — confirmant que la Première Dame joue sur plusieurs tableaux simultanément : bloquer Franck Biya aujourd'hui, tout en positionnant ses propres héritiers pour demain.

Depuis la promulgation de la loi constitutionnelle le 14 avril 2026, cela fait désormais 50 jours que le Cameroun attend le nom de son premier Vice-Président depuis 1984. Cinquante jours pendant lesquels la guerre des clans a pris une dimension de plus en plus documentée : Franck Biya d'un côté, avec l'appui de Mvondo Ayolo et de Robert Nkili. Chantal Biya et Ngoh Ngoh de l'autre, désormais avec Baboké comme candidat officiel. Et Paul Biya — 93 ans, sorti fragilisé du malaise du 20 mai, sous observation médicale selon Jeune Afrique — qui arbitre seul, en silence, pendant que le reste du pays attend.

Source: www.camerounweb.com