EXCLUSIF : Jeune Afrique révèle la note secrète de Franck Biya réclamant la tête du patron de la DGRE — et le nom de son successeur désigné

Franck Biya Et Macronnn Image illustrative

Thu, 28 May 2026 Source: www.camerounweb.com

Il ne se contente plus d'assister aux cérémonies officielles en costume bien taillé. Franck Biya est passé à l'offensive. Et Jeune Afrique, dans une enquête explosive publiée ce 28 mai 2026, révèle en exclusivité la preuve la plus tangible à ce jour de son entrée active dans la bataille pour le contrôle de l'appareil sécuritaire camerounais : une note adressée en février dernier directement au Chef de l'État, dans laquelle il réclame le remplacement du directeur de la Direction Générale de la Recherche Extérieure (DGRE), Jean-Pierre Robins Ghoumo — et propose un successeur nommément désigné. Un acte politique d'une portée considérable, qui confirme que Franck Biya n'est plus un observateur de la succession. Il en est désormais un acteur.

Selon les révélations exclusives de Jeune Afrique, la note transmise par Franck Biya à Paul Biya en février 2026 est d'une précision qui ne laisse aucune ambiguïté sur ses intentions. Il y «réclame le remplacement de Jean-Pierre Robins Ghoumo» — actuel directeur de la DGRE depuis fin 2023 — et «propose comme successeur le colonel de gendarmerie à la retraite Joël Émile Bamkoui, ex-patron de la Sécurité Militaire (Semil)». Un nom, un profil, une feuille de route. Ce n'est pas une suggestion d'un fils à son père. C'est une demande politique formulée par un homme qui entend peser sur la composition de l'appareil sécuritaire national.

Le profil de Joël Émile Bamkoui dit beaucoup sur la vision que Franck Biya a de la DGRE. Un colonel de gendarmerie à la retraite, ex-patron de la Sécurité Militaire — un homme du sérail sécuritaire, mais dont les loyautés ne sont manifestement pas du côté de Ngoh Ngoh ni de Chantal Biya. Ce qui, précisément, en fait le candidat idéal aux yeux du fils Biya.

Pourquoi Franck Biya veut-il la tête de Ghoumo ? Jeune Afrique révèle la raison profonde — et elle est d'une gravité institutionnelle majeure. «Les rapports de Jean-Pierre Robins Ghoumo transitent exclusivement par Ngoh Ngoh, qui contrôle ainsi les informations remontant au Chef de l'État», selon des sources proches de la présidence citées par le journal. Une situation que Franck Biya «estime que le Secrétaire Général de la présidence peut se livrer à de la rétention d'informations».

En clair : le directeur des renseignements extérieurs camerounais ne rend pas compte directement au Président de la République — mais à son Secrétaire Général. Ce qui signifie que Paul Biya ne reçoit les informations des services de renseignement qu'après qu'elles sont passées par le filtre de Ngoh Ngoh. Un filtre qui peut sélectionner, reformuler, retarder — voire occulter certaines informations. Et dans un contexte où Franck Biya est pressenti à la Vice-Présidence, les informations que Ngoh Ngoh choisit ou non de transmettre au Chef de l'État sur son propre fils prennent une dimension stratégique évidente.

Les fuites sur sa vie privée : la goutte qui fait déborder le vase

Jeune Afrique révèle un grief supplémentaire que Franck Biya nourrit contre Ghoumo — et, par ricochet, contre son commanditaire Ngoh Ngoh. Le fils du président «dénonce des fuites répétées d'informations le concernant dans les médias et les réseaux sociaux de la diaspora, y compris celles concernant sa vie privée». Des informations intimes — sur sa famille, ses déplacements, ses relations — qui ne peuvent provenir que de services de renseignement ayant accès à sa surveillance. Et dont la diffusion, selon lui, est délibérée.

Cette accusation est explosive. Elle signifie que Franck Biya soupçonne les services de renseignement camerounais — placés sous l'influence de Ngoh Ngoh — de l'espionner et de diffuser stratégiquement des informations sur lui pour le fragiliser dans la course à la Vice-Présidence. Une guerre de l'information au cœur même de l'appareil sécuritaire de l'État.

Source: www.camerounweb.com