EXCLUSIVITE: 3 442 enseignants fantômes du secondaire partis au CANADA démasqués, le MINESEC sort les griffes

Enseignants Lead Image illustrative

Mon, 23 Feb 2026 Source: www.camerounweb.com

Partis à l'étranger, toujours payés par l'État. Le Ministère des Enseignements Secondaires vient de lancer un ultimatum sans précédent à des centaines d'agents qui ont abandonné leurs élèves sans abandonner leur fiche de paie.

C'est un scandale silencieux qui dure depuis des années, et qui vient d'être officiellement mis en lumière. Selon des informations exclusives en notre possession, 3 442 enseignants relevant du Ministère des Enseignements Secondaires (MINESEC) ont quitté le territoire camerounais — certains pour le Canada, l'Europe ou d'autres destinations — tout en continuant de percevoir leur salaire sur le fichier solde de l'État. La craie posée, le billet d'avion pris, mais le virement mensuel, lui, bien encaissé.

Ce qui rend cette affaire particulièrement retentissante, c'est la méthode employée pour débusquer ces agents fantômes. C'est le Ministère des Finances (MINFI) qui a procédé à une collecte de données auprès des aéroports du Cameroun, croisant les informations de voyages internationaux avec le fichier des personnels en activité. Une opération de recoupement administratif qui a permis d'identifier précisément les agents ayant effectué un départ à l'étranger sans régulariser leur situation.

Le résultat est sans appel : 3 442 noms. Trois mille quatre cent quarante-deux enseignants qui, selon les données aéroportuaires, ont quitté le pays ces dernières années, et dont la position administrative actuelle reste non justifiée.

Face à cette hémorragie silencieuse, le MINESEC a dégainé un communiqué radio officiel en date du 23 février 2026, portant le numéro 006/26/MINESEC/SG/DRH/SDDRH/SFS. Le message est limpide et sans concession : les personnels concernés sont invités à se présenter à la porte 507 bis du Département ministériel dans un délai de quatorze jours à compter de la publication du communiqué, munis de toutes les pièces justificatives de leurs positions administratives actuelles.

La sanction prévue en cas de non-réponse ne souffre d'aucune ambiguïté : « les intéressés seront purement et simplement retirés du fichier solde de l'État ». Traduction : plus de salaire, définitivement.

Au-delà des chiffres, c'est une réalité humaine et pédagogique qui interpelle. Pendant que ces agents percevaient leurs émoluments depuis l'étranger, des classes étaient livrées à elles-mêmes, des élèves privés d'enseignants, et des remplaçants contraints d'absorber une charge de travail que le système ne compensait pas. Le tout financé par un contribuable camerounais qui, lui, ne voyage nulle part.

Le montant total des salaires indûment perçus n'a pas encore été officiellement communiqué. Mais rapporté à des années de versements pour plus de trois mille agents, la facture pour les finances publiques s'annonce vertigineuse.

Cette opération coup de poing du Ministère des Enseignements Secondaires pourrait n'être que la première d'une série. D'autres départements ministériels sont-ils concernés par le même phénomène ? La méthode employée — le croisement des données aéroportuaires avec le fichier solde — est reproductible et redoutablement efficace. Il serait surprenant que le MINFI n'ait pas déjà étendu ce travail de vérification à d'autres secteurs de la fonction publique.

Pour l'heure, le compte à rebours est lancé. Quatorze jours pour se justifier ou disparaître définitivement de la masse salariale de l'État camerounais. À ceux qui ont depuis longtemps posé leurs valises sous d'autres cieux, le message est clair : l'État sait où vous êtes. Et il réclame ses sous.

Source: www.camerounweb.com