Les faits cités couvrent plusieurs années de gestion et de manœuvres au sommet de l'appareil l'état
Lors d'un entretien avec Morgan Palmer, le capitaine Kenneth Effoudou a accusé l'amiral Joseph Fouda, conseiller spécial du chef de l'État, d'avoir perçu plus de 13,5 milliards de FCFA, ainsi que divers avantages en nature, en contrepartie des interventions dans des nominations, des marchés publics et le règlement de dossiers administratifs.
Au fil de ses confidences et de la lecture directe de son carnet de notes face à Morgan Palmer, le Capitaine Kenneth Effoudou a énuméré une liste hallucinante de paiements, pots-de-vin et extorsions présumés attribués au conseiller spécial du chef de l'État, l'Amiral Joseph Fouda.
En faisant l'addition des montants révélés par le Capitaine, l'Amiral aurait accumulé plus de 13,5 milliards de FCFA (en plus de véhicules et d'avantages en nature) en profitant de son influence au sommet de l'État :
-6 milliards de FCFA de l'homme d'affaires tchadien Khalifa Abdallah (pour des marchés publics d'infrastructures routières jamais livrés).
-3 milliards de FCFA de Jean Sylvain Mvondo, directeur au MINEPAT (pour étouffer les enquêtes sur les chapitres budgétaires 94, 65 et 57).
-2 milliards de FCFA (3 millions d'euros) de Jean Gakam (pour être nommé ministre de l'Économie et faciliter le retour de Paul Fokam Kammogne).
-1 milliard 4 millions de FCFA de Patrice Samen, maire de Nkongsamba 2e (pour des agréments miniers et stations-service).
-700 millions de FCFA du député Guillaume Batcam (pour débloquer le paiement de 7 milliards de créances au MINFI via l'entremise de la députée Mariam Goni).
-600 millions de FCFA + 1 Toyota Prado 0 km du Colonel (r) Jean-Jacques Fouda (pour une promotion au grade de Général de brigade jamais obtenue).
-200 millions de FCFA d'un Directeur Général du secteur énergétique (pour s'offrir un poste de ministre).
Ces opérations de présumée rapine s'inscrivent dans l'ombre du pouvoir suprême. Selon le Capitaine Effoudou, l'Amiral Joseph Fouda est "un caillou dans la chaussure du président Paul Biya depuis 33 ans".
Les faits cités couvrent plusieurs années de gestion et de manœuvres au sommet de l'appareil sécuritaire et administratif.
Un casse du siècle en pleine présidence ou un règlement de comptes inédit ? Le Capitaine réclame une commission d'enquête et se dit prêt à porter les preuves enregistrées devant la justice.
Echos du 237