Il est décédé dans la nuit du 15 août 2026
Emmanuel Gérard Ondo Ndong, ancien directeur général du Feicom, est une figure emblématique de l’opération anticorruption Épervier au Cameroun. Il est décédé dans la nuit du samedi 15 au dimanche 16 août 2026
Ondo Ndong est mort !!!
Longtemps considéré comme l’un des hauts responsables les plus influents de l’administration camerounaise dans les années 2000, Emmanuel Gérard Ondo Ndong a retrouvé la liberté le 21 février dernier après près de vingt années passées en détention.
Ancien directeur général du Fonds spécial d’équipement et d’intervention intercommunale (Feicom), il reste l’une des figures les plus marquantes de l’opération anticorruption « Épervier », qui a profondément marqué la vie politique et judiciaire du Cameroun.
Originaire de la Vallée du Ntem, dans la région du Sud, Emmanuel Gérard Ondo Ndong s’impose au début des années 2000 comme un acteur central de la gestion des finances locales.
À la tête du Feicom entre 2001 et 2005, cette position lui confère une influence considérable, tant sur le plan administratif que politique, et contribue à asseoir sa notoriété, notamment dans son fief d’Ambam, où il bénéficie d’une image d’homme généreux et proche des populations.
Mais cette ascension s’interrompt brutalement en novembre 2005, lorsqu’il est limogé de ses fonctions. Quelques mois plus tard, il est interpellé dans le cadre des premières vagues de l’opération Épervier, vaste campagne judiciaire lancée en 2006 pour lutter contre la corruption au sommet de l’État.
Les enquêtes révèlent alors des détournements massifs de fonds publics au sein du Feicom. Emmanuel Gérard Ondo Ndong est accusé d’avoir contribué à des malversations financières estimées à plusieurs dizaines de milliards de francs CFA, notamment à travers des mécanismes d’attribution de marchés et l’acquisition d’un patrimoine immobilier important.
Des résidences, immeubles, complexes commerciaux, hôtels ou stations-service seront ultérieurement saisis au profit de l’État, illustrant l’ampleur des enrichissements reprochés.
La justice prononce en 2007 une condamnation initiale de 50 ans de prison ferme avec confiscation des biens. Après plusieurs procédures d’appel et de recours, la peine évolue au fil des années : elle est d’abord revue à la baisse avant d’être finalement fixée à 20 ans d’emprisonnement par la Cour suprême en 2013.
L’ancien dirigeant entame alors un long cycle carcéral, principalement à la prison du Secrétariat d’État à la Défense (SED) à Yaoundé.
Malgré son incarcération, il conserve une posture politique loyale envers le pouvoir en place, multipliant les messages de soutien au président Paul Biya et appelant même ses proches à voter pour lui lors de l’élection présidentielle de 2011, dans l’espoir d’une éventuelle clémence.
Sa détention est également marquée par plusieurs épisodes judiciaires. En 2018, il comparaît devant le tribunal militaire pour une affaire liée au dérèglement présumé d’un brouilleur de communication installé près de sa cellule.
Il nie toute implication, mais écope finalement d’une peine de douze mois de prison avec sursis pour complicité de tentative de destruction de matériel militaire.
Au fil des années, la prison altère profondément son état de santé. Des témoignages évoquent un homme affaibli, hospitalisé à plusieurs reprises, loin de l’image du dirigeant puissant qu’il incarnait autrefois.
Sa libération, intervenue après environ deux décennies de détention dans le cadre de l’opération Épervier, referme un parcours judiciaire hors norme.
Son destin, marqué par une ascension fulgurante suivie d’une chute brutale, restera durablement inscrit dans l’histoire contemporaine du Cameroun comme celui d’un homme passé du sommet de l’appareil d’État à l’épreuve du temps carcéral.
Il est décédé dans la nuit du 15 août 2026.
La terre est sale ! Si è ne mvit ! Ngo Bagdeu!
Arol Ketch