Au-delà de l’affaire Zogo, la convocation de Joseph Beti Assomo à la présidence révèle, selon Jeune Afrique, une position affaiblie au sommet de l’État, dans un contexte de guerre des clans.
Le magazine rapporte que le chef de l’État aurait enjoint au ministre délégué à la Défense de ne pas interférer dans la procédure. Selon ses informations, Paul Biya lui aurait aussi donné des consignes fermes sur le traitement du dossier du lieutenant-colonel Ayissi Nanga : le libérer sans délai et suivre le cours normal des auditions. Jeune Afrique rappelle que l’officier, témoin dans l’affaire, avait été arrêté à Yaoundé le 18 octobre 2026, avant d’être relâché. Quelques jours plus tôt, il s’était présenté à l’improviste au tribunal militaire pour demander à témoigner en urgence, disant que sa vie était en danger.
Jeune Afrique révèle une autre démarche dont la présidence aurait été informée : le ministre serait entré en contact, sans intermédiaire, avec Jean-Pierre Amougou Belinga, homme d’affaires incarcéré depuis 2023 dans l’affaire. Ce contact est présumé, et le magazine ne précise ni sa date ni sa nature.
Le magazine éclaire aussi le rapport de force interne. Selon ses informations, les relations de Beti Assomo avec Ferdinand Ngoh Ngoh se sont dégradées, et le secrétaire général de la présidence aurait envisagé de proposer au chef de l’État de le remplacer par Galax Yves Landry Etoga, secrétaire d’État à la Défense chargé de la gendarmerie nationale, lors d’un prochain remaniement.
Jeune Afrique ajoute que les rapports entre Landry Etoga et Beti Assomo se sont tendus en 2026. En juin, le ministre délégué aurait suspendu la délégation de signature dont disposait le secrétaire d’État, à la suite de désaccords sur les affectations dans la gendarmerie.