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General News Wed, 27 Mar 2019

Epervier: l’étau se resserre autour de Ben Modo

On a assisté, il y a quelques jours à une partie de ping-pong entre le ministre d’Etat, secrétaire général à la présidence de la République, Ferdinand Ngoh Ngoh, et le ministre d’Etat, ministre du Tourisme et des Loisirs (Mintou, Maïgari Bello Bouba. Dans sa correspondance datée du 11 mars 2019 et ayant en objet : régie exceptionnelle et demande d’avances exceptionnelles pour l’entreprise Prime Potomac, adressée à son collègue du Tourisme, le Sg/Pr faisait savoir que la présidence de la République avait marqué son accord pour l’application de l’intégrité des mesures préconisées pour l’achèvement des travaux de gros œuvre, dont l’entreprise Prime Potomac a la charge. Et d’ajouter : « la mise en œuvre de la régie exceptionnelle pour les travaux restants ; l’octroi, à ladite entreprise, d’avances exceptionnelles de 826.775.190 FCFA, pour le marché n°00004/PR/MINMAP/2017 de l’hôtel 100 chambres ; 473.807.975 FCFA pour le marché n°00008/M/PR/MINMAP/2017 de l’hôtel Bénoué. »

Le 13 mars 2019, en réponse au Sg/Pr, le Mintoul, sans acrimonie, lui adresse une lettre dans laquelle il fixe les conditions pour la bonne exécution des travaux d’achèvement des gros œuvres des hôtels Bénoué et 100 chambres. « Les avances exceptionnelles autorisées soient domiciliées à la trésorerie générale de Garoua ; le gouverneur de la région du Nord, à qui je délègue mes pouvoirs, soit l’ordonnateur des décaissements en faveur des différents destinataires (…) conformément aux détails des décomptes à établir ». De ce fait l’équipe technique devrait avoir comme président le gouverneur et comme membres : Augustin Nkeh, ingénieur du suivi Mintoul à Garoua ; Kianze, ingénieur de suivi Mintoul à Garoua ; le délégué régional Mintp à Garoua et les assistants à maîtrise d’ouvrage (Amo), rapporteurs. C’est cette équipe qui devra suivre au quotidien l’évolution du chantier.

En filigrane

A la lecture de la correspondance du ministre d’Etat Bello Bouba, on peut voir en filigrane son souci de mettre les garde-fous pour que les travaux soient effectués dans les règles de l’art, mais surtout la volonté que ces chantiers tombent entre les mains d’une autre entreprise sérieuse et qui a les moyens propres de travailler. Au niveau des travaux des stades confiés à l’entreprise Prime Potomac par exemple, selon des sources médiatiques, une commission commise par le chef de l’Etat avait dressé un tableau apocalyptique des infrastructures sportives à sa charge. Et selon les membres de cette commission, le spectre de l’écroulement planait sur ces stades, de quoi justifier la fin de non-recevoir opposée à la demande de son Adg, Ben Modo, d’une avance exceptionnelle de près de 4 milliards.

« L’évaluation des travaux, le contexte, l’actualité, le déroulement de la mise en œuvre, le souci d’atteindre les résultats. Le respect des normes et le rendu qualité des ouvrages poussent aux questionnements ». En effet, en dehors du faible taux d’avancement des travaux qui est d’environ 62% pour une consommation des délais de 111,6%, soit 15,6 mois sur 14, c’est outrés qu’étaient les experts de la commission commise par le chef de l’Etat pour le contrôle des travaux effectués par l’entreprise Prime Potomac dans les quatre stades d’entraînement dont elle a la charge dans la ville de Garoua. Ces travaux n’étant pas faits dans les règles de l’art, ceux-ci ont tenu à tirer la sonnette d’alarme. Car leur rapport laisse craindre de probables effondrements de ces stades pour plusieurs raisons. Leurs appréhensions se fondent sur les entraves à l’atteinte des résultats et la perception des objectifs ; la prise en compte des programmes et des prescriptions diverses ; le restant des travaux dus aux perspectives et l’organisation, la planification (conception, études travaux) et certains manquements, et autres. Toutes choses qui font que cette entreprise et son patron ne jouissent aujourd’hui d’aucune crédibilité aux yeux des populations.

Au demeurant, avec ce qui se tisse à la présidence, où au nom du népotisme, du clientélisme et d’autres maux en ce genre, on force la main à certains ministres afin qu’ils mettent des fonds à la disposition des personnes qui sont catalogués par les Camerounais comme des gibiers de potence à la solde de certains lobbies, il faut s’attendre à un autre ‘’glissement’’ de date de l’organisation de la Can par le pays de Roger Milla en 2021. Toutefois, on est en droit de se poser la question de savoir où sont passés les 26 milliards mis d’abord à la disposition de Ben Modo.

Source: lavoixducentre.info
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