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General News Tue, 30 Jun 2020

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Epervier: un caissier du Minfi condamné à 12 ans de prison

Le TCS l’a déclaré coupable d’avoir empoché une partie des fonds destinés à un programme de développement du ministère de l’Economie.

Finalement, la thèse du cambriolage de son bureau que Nicolas Many Minkandi défendait devant le Tribunal criminel spécial (TCS) pour se dédouaner du détournement de la somme de 90 millions de francs mis à sa charge n’a pas convaincu les juges de son innocence. Ancien caissier (régisseur) de l’Unité de la Haute intensité de la main d’œuvre (Himo), une structure du ministère de l’Economie, du Plan et de l’Aménagement du Territoire (Minepat), il est reconnu coupable du forfait allégué. C’est à chaudes larmes, les bras levés au ciel poussant de gros cris de désolation, que l’agent des Finances a écouté le réquisitoire du ministère public demandant au tribunal qui venait de le déclarer coupable de lui infliger la peine d’emprisonnement à vie.

Mais le tribunal a plutôt condamné M. Many Minkandi à 12 ans de prison. A cela s’ajoute la restitution au Trésor public des fonds au centre du procès augmentés d’un montant de 5 millions de francs que le ministère des Finances, partie civile, avait déboursés au titre des frais de procédures. L’accusé devra en outre supporter le paiement des frais de justice (dépens) d’un montant de 5 millions de francs. À défaut, il purgera 24 mois d’emprisonnement supplémentaires au terme de sa peine de prison principale (contrainte par corps). Cette sentence est tombée le 23 juin dernier.

Avant de se prononcer sur la culpabilité de l’accuse, le tribunal est préalablement revenu sur les faits au centre de l’affaire. L’Unité Himo est un programme porté par le Minepat visant à vulgariser les infrastructures sociales au profit des collectivités territoriales décentralisées, entre autres. L’Unité Himo disposait d’un compte dépôt ouvert dans les livres de la Paierie générale du Trésor du Minfi. Le coordonnateur de l’Unité élaborait les termes de références des différents ateliers organisés à travers le pays. Une fois le plan d’activités validé par la hiérarchie du coordonnateur, le ministre de l’Economie saisissait son collègue des Finances pour la mise à dispositions des fonds nécessaires au financement des activités.

La date des ateliers était arrêtée lorsque la mise à disposition des fonds sollicités était effective. Mani Minkandi, en service au ministère des Finances, avait été nommé en 2013 régisseur de l’Unité Himo. Il était donc chargé de la conservation et du maniement des fonds décaissés au profit du programme. En 2018, l’Unité Himo envisageait d’organiser trois séminaires. L’organisation de ces assises allaient se tenir à des dates différentes dans trois régions du pays et nécessitaient pour chacune une enveloppe d’un peu plus de 27 millions de francs. En réaction à une correspondance du coordonnateur du programme, le ministre de l’Economie saisissait son collègue des Finances afin qu’il mette à la disposition de sa structure la somme de 84 millions de francs. Au prétexte des tensions de trésoriers, la Pairie avait décidé de procéder au paiement partiel étalé en cinq tranches.

Le 12 avril 2018, M. Many Minkandi avait procédé au premier retrait d’argent d’un montant de 20 millions de francs. Les quatre autres retraits oscillants entre 15 et 20 millions de francs ont été effectués le 16 mai, le 20 juin, le 19 juillet et le 17 août de la même année. Au bout du compte, c’est la somme de 90 millions de francs que l’accusé avait effectivement retirée au trésor public. Mais au lieu de mettre les fonds perçus à la disposition du coordonnateur de l’Unité Himo, l’accusé a expliqué pendant les débats que ne disposant pas d’un coffre-fort, il entassait les fonds dans les tiroirs de son bureau «individuel» dont il avait pris soin de «renforcer la sécurité», en ajoutant «deux serrures».

Cambriolage incompréhensible

Le coordonnateur du Programme avait expliqué durant son témoignage qu’il a convié l’accusé à deux reprises, le 18 mai et le 27 juillet 2018, pour des séances de travail dans le but d’arrêter la date des différents séminaires. Sans succès,

Pour justifier son absence aux différents rendez-vous, l’accusé s’était réfugié derrière la remise partielle des fonds, mais aussi sur le fait qu’il avait été désigné chef de la mission chargée du comptage physique du personnel de l’Etat pour la région de l’Adamaoua. Une mission d’une durée de trois mois allant de la période du 25 avril au 12 juillet 2018. Mais revenait à Yaoundé chaque fin du mois. Lors d’un retour de l’Adamaoua, il a découvert le 31 août 2018 que son bureau a été cambriolé, sans effraction, la somme de 95 millions qui s’y trouvait emportée. Un forfait qu’il a fait constater par un huissier de justice trois le 3 septembre.

Pour asseoir la culpabilité de l’accusé, le tribunal a posé une série de questions avant d’estimer que le cambriolage allégué n’est que de la poudre aux yeux. «L’accusé ne saurait: expliquer pourquoi entre la période du 16 mai au 2ü juin 2018, après avoir effectué deux retraits, il n’a pas pris contact avec le coordonnateur du programmeurs que les participants aux ateliers étaient déjà informés. Or il ne disposait pas d’une coffre-fort.» «Il n’a pas expliqué pourquoi détenant déjà plus de 40 millions de francs nécessaires à l’atelier de Garoua, il n’a pas mis les fonds à la dispositions du programme» «Il est incompréhensible que le cambriolage réalisé sans effraction n’ait été déclaré que le 3 septembre 2018, trois jours plus tard».

Source: Kalara N°345

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