Etoudi: le ciel tombe sur la tête d' Alamine Ousmane Mey

Aboubakar Ousmane Mey Image illustrative

Tue, 22 Sep 2026 Source: www.camerounweb.com

Le Syndicat national des professionnels de l'information et de la communication (SPIC) monte au créneau. Au lendemain de la libération des quatre journalistes détenus dans l'affaire des lunettes du ministre de l'Économie, Alamine Ousmane Mey, le syndicat a appelé, ce mardi 22 septembre 2026, au boycott systématique des activités du MINEPAT. Il réclame des excuses officielles et des réparations pour les préjudices subis.

C'est une riposte collective après une détention qui a choqué le landernau médiatique. Réuni ce mardi 22 septembre 2026 à Yaoundé, le Syndicat national des professionnels de l'information et de la communication (SPIC) a haussé le ton. Par la voix de son président, Thierry Eba, l'organisation a annoncé une série de mesures de rétorsion après la détention de quatre journalistes dans le cadre de l'affaire dite « des lunettes » du ministre Alamine Ousmane Mey.

La décision la plus lourde de conséquences est le boycott. Le SPIC annonce « le boycott systématique de tous les événements portant l'estampille du ministère de l'Économie, de la Planification et de l'Aménagement du territoire, jusqu'à nouvel ordre ». Une manière de protester contre les conditions dans lesquelles François Essomba, Igor Gwet Bibey, Solange Djuikam et Pierre Mouchili ont été interpellés et détenus.

Les quatre journalistes couvraient les activités de la Banque islamique de développement (BID) au Palais des Congrès de Yaoundé, du 14 au 16 septembre 2026, lorsqu'ils ont été arrêtés. Ils ont été conduits au commissariat du 10ᵉ arrondissement de Bastos, avant d'être transférés au Commissariat central n°1 de Yaoundé.

Selon le SPIC, les journalistes ont été interpellés sur la base d'une suspicion liée à la disparition des lunettes du ministre. Une accusation qui, selon le syndicat, est restée le motif de leur détention alors même que les lunettes auraient été retrouvées dans le véhicule du ministre lui-même.

Le SPIC dénonce ce qu'il qualifie d'« arrestations et détentions arbitraires ». Il affirme que les journalistes ont été maintenus en garde à vue pendant cinq jours, dans des conditions d'hygiène qu'il juge inappropriées. Les quatre professionnels ont rapporté des séquelles physiques, selon le syndicat.

Le SPIC pointe également la disparition de biens personnels pendant la détention. Solange Djuikam aurait perdu un téléphone, tandis que Pierre Mouchili affirme avoir constaté la disparition d'une partie de l'argent qu'il détenait avant son placement en cellule.

Ces allégations, si elles étaient confirmées, ajouteraient une dimension supplémentaire à une affaire déjà lourde. Elles rejoignent les témoignages des journalistes eux-mêmes, qui ont décrit des cellules surpeuplées, des toilettes bouchées, l'absence d'eau et la présence de cafards, de souris et de puces.

Demande de réparations et saisine des instances internationales

Le SPIC ne se contente pas du boycott. Il demande aux autorités concernées de présenter des excuses aux journalistes et de procéder à des réparations. L'organisation annonce également qu'elle se réserve le droit d'engager des actions judiciaires, en fonction des résultats des examens médicaux auxquels les journalistes doivent être soumis.

Enfin, le syndicat affirme vouloir porter cette affaire auprès d'organisations et d'instances internationales de défense des droits humains et de la liberté de la presse. Une manière d'internationaliser un dossier qui, jusqu'ici, était resté circonscrit au Cameroun.

Contacté, ni le ministre Alamine Ousmane Mey ni son entourage n'ont réagi aux demandes du SPIC. Les autorités policières n'ont pas non plus commenté les accusations de disparition de biens personnels.

Cette affaire, en apparence anodine, est devenue un symbole des tensions entre la presse et le pouvoir au Cameroun. Elle pourrait avoir des conséquences durables sur la couverture médiatique des activités gouvernementales, si le boycott annoncé par le SPIC est effectivement suivi par les journalistes de la place.

Source: www.camerounweb.com