Invité de l'émission Canal Presse sur Canal 2, l'analyste politique Stéphane Menouga a livré une analyse préoccupante de la situation politique camerounaise. Selon lui, les affirmations de certains proches du RDPC selon lesquelles Maurice Kamto ne sera jamais président de la République ne sont pas anodines. Il redoute que le sous-préfet n'interdise à nouveau la convention du MRC, invoquant son pouvoir discrétionnaire d'appréciation des risques de troubles à l'ordre public.
C'est une analyse qui met en lumière les menaces qui pèsent sur le processus démocratique camerounais. Invité de l'émission Canal Presse sur Canal 2, l'analyste politique Stéphane Menouga s'est penché sur les déclarations de certains responsables du RDPC concernant Maurice Kamto.
« Quand vous faites un recours aux assertions de certaines personnes qui sont proches du RDPC et qui sont même dans le RDPC, parfois elles vous disent que Kamto ne sera jamais président de la République », a-t-il observé. Pour lui, ces affirmations ne relèvent pas de la simple fanfaronnade politique. « Si elles vous disent ça, parce qu'en science politique il n'y a pas de fumée sans feu, ça veut dire qu'elles tiennent ces informations de quelque part. »
Une manière de dire que ces propos traduisent une intention réelle : celle d'empêcher, par tous les moyens, l'ancien président du MRC d'accéder au pouvoir suprême. Une intention qui, si elle se confirmait, serait contraire aux principes démocratiques les plus élémentaires.
La menace d'une interdiction de la convention du MRC
Stéphane Menouga redoute que cette volonté ne se traduise par des actes concrets, notamment par l'interdiction de la convention nationale extraordinaire du MRC prévue le 17 octobre 2026. « Je ne serais pas surpris, le sous-préfet peut encore interdire la convention du MRC parce qu'il est le seul à apprécier le risque de trouble à l'ordre public », a-t-il averti.
Le sous-préfet de l'arrondissement de Yaoundé IV, compétent pour autoriser ou interdire les rassemblements publics, dispose en effet d'un pouvoir discrétionnaire pour apprécier les risques de troubles à l'ordre public. Un pouvoir qui a déjà été utilisé par le passé pour interdire des réunions du MRC, notamment lors de la convention de décembre 2025.
Cette alerte intervient alors que le MRC fait face à de multiples obstacles dans l'organisation de sa convention. Willy Mengue, exclu du parti, a saisi le sous-préfet de Yaoundé IV pour demander l'interdiction de la convention, invoquant des risques de troubles à l'ordre public. Le parti a riposté en déposant une requête aux fins d'engagement préventif contre lui.
Mais au-delà de ces manœuvres juridiques, l'analyse de Stéphane Menouga pointe une réalité plus sombre : celle d'un système qui ne reculerait devant rien pour empêcher l'alternance. Une réalité qui, si elle se confirmait, remettrait en cause les fondements mêmes de la démocratie camerounaise.