Selon des informations exclusives rapportées par le journaliste Boris Bertolt, Franck Biya se trouve actuellement à Genève aux côtés de son père, entouré de son cercle le plus proche. L'état de santé du président camerounais serait nettement plus grave que ce que le régime reconnaît publiquement.
Les informations se précisent, et elles sont graves. Selon une révélation exclusive du journaliste Boris Bertolt, Franck Biya — fils du président Paul Biya — se trouve actuellement à Genève, auprès de son père, en compagnie de son entourage direct. Plus alarmant encore : selon cette même source, le président camerounais ne serait pas seulement hospitalisé, comme Jeune Afrique l'avait révélé avant que la présidence ne le démente. Il ne pourrait même plus marcher.
La présence de Franck Biya à Genève, aux côtés de son père, n'est pas un déplacement anodin. Le fils du président avait certes été signalé à plusieurs reprises en Suisse ces dernières semaines — Jeune Afrique avait déjà relevé qu'il effectuait des allers-retours réguliers entre Yaoundé et Genève « entre autres déplacements en Europe ». Mais la configuration décrite par Boris Bertolt est d'une nature différente : Franck Biya est cette fois entouré de son entourage direct, dans ce qui ressemble moins à une visite protocolaire qu'à un rassemblement familial de circonstance.
Dans les usages des grandes familles politiques africaines, ce type de convergence autour d'un patriarche hospitalisé porte une signification que les observateurs camerounais savent lire : on ne réunit pas l'entourage immédiat d'un chef d'État pour lui rendre une simple visite de courtoisie.
Ne peut plus marcher : la révélation qui change tout
L'information la plus lourde de conséquences contenue dans cette révélation est celle concernant l'état physique du président. Selon Boris Bertolt, Paul Biya ne pourrait plus marcher. Si cette information est confirmée, elle invalide définitivement le tableau que le régime s'efforce de maintenir depuis cinquante jours : celui d'un président actif, qui examine des dossiers, reçoit des collaborateurs et signe des décrets depuis Genève.
Un chef d'État qui ne peut plus marcher n'est pas un chef d'État en « court séjour privé » comme l'affirment Mvondo Ayolo et René Sadi. Ce n'est pas non plus un chef d'État « en congé de 80 jours » comme l'a affirmé Grégoire Owona. C'est un homme dont la capacité à exercer ses fonctions constitutionnelles est sérieusement compromise — et dont la situation médicale réelle justifierait, selon les normes démocratiques élémentaires, une information transparente de la nation.
Le démenti officiel face aux faits qui s'accumulent
Samuel Mvondo Ayolo avait assuré à Jeune Afrique que Paul Biya « n'a jamais été hospitalisé » en Suisse et qu'il est en « très bonne santé ». La présidence avait démenti l'information du malaise subi le 20 mai lors de la fête nationale. Elle avait présenté comme preuve de l'activité présidentielle des décrets signés le 22 juillet et un déjeuner dans un restaurant d'Évian.
Face à ces démentis officiels, les faits observables s'accumulent pourtant dans le sens contraire : cinquante jours d'absence record, aucune image récente du président en situation de gouverner, un retour prévu et annulé au dernier moment selon Jeune Afrique, une cacophonie gouvernementale sur la nature même du séjour, et désormais cette révélation de Boris Bertolt sur l'incapacité physique du chef de l'État.
Ce que cette révélation rend plus urgent que jamais, c'est la question institutionnelle que le régime a jusqu'ici réussi à maintenir dans le flou : le Cameroun n'a pas de vice-président. Le poste créé par la révision constitutionnelle d'avril 2026 n'a toujours pas été pourvu. En cas d'empêchement définitif du chef de l'État — constaté par le Conseil constitutionnel dans les conditions strictes que définit la Constitution —, il n'existe aujourd'hui aucun successeur désigné.
Si l'état de santé de Paul Biya est aussi dégradé que le révèle Boris Bertolt, le Cameroun se trouve dans une situation institutionnelle sans précédent depuis son indépendance : un président incapacité, un successeur constitutionnel inexistant, et un régime qui continue de produire des décrets pour maintenir l'illusion que rien n'a changé.