Férocité : l'impitoyable Atanga Nji fonce sur Ketcha Courtès

Atanga Nji Visage Ferme Insalubrité publique

Fri, 23 Jan 2026 Source: La République n°1134

Face à l’insalubrité publique chronique qui asphyxie les métropoles camerounaises, le ministre de l’Administration territoriale (MINAT) a sifflé, ce 21 janvier 2026, la fin de la récréation. En reprenant fermement la main sur le dossier des ordures, Paul Atanga Nji écarte de fait une Célestine Ketcha Courtès dont le « tintamarre » communicationnel n’a jamais réussi à masquer l’inefficacité sur le terrain.

À Yaoundé comme à Douala, les montagnes d’immondices étaient devenues, au fil des ans, les tristes monuments d’une impuissance gouvernementale. Entre les campagnes « villes propres » sans lendemain et les querelles de compétences, le ministère de l’Habitat et du Développement Urbain (MINHDU) semblait s’être spécialisé dans l’art du slogan creux. Mais ce mercredi, le ton a changé. Paul Atanga Nji, fidèle à son style martial, a décidé de « tuer le bluff ».

La fin du « qui fait quoi »

Dans un discours sans fioritures, le patron de l’Administration territoriale a balayé les excuses administratives qui servaient jusqu’ici de bouclier à l’inaction. « Le débat de qui aurait dû faire quoi, qui ne fait pas quoi n’a plus de sens », a-t-il martelé. Pour Atanga Nji, l’heure n’est plus à la diplomatie de salon, mais à l’autorité pure : « Quand nos villes sont sales, c’est une responsabilité collective et la honte est collective ». En plaçant les Gouverneurs, Préfets et Sous-Préfets au cœur du dispositif de salubrité, le MINAT réinstaure une chaîne de commandement directe, là où les initiatives du MINHDU s’enlisaient dans des procédures bureaucratiques inopérantes. Le message est limpide : la salubrité est désormais une question d’ordre public, et non plus seulement d’aménagement urbain.

Un ultimatum chirurgical

Le plan d’action dévoilé ne laisse aucune place à l’improvisation : nettoyage radical : durant tout le mois de février 2026, les bacs à ordures encombrant les axes principaux doivent disparaître. Horaires de combat : la collecte se fera désormais exclusivement entre minuit et six heures du matin pour épargner aux citadins le « spectacle des immondices aux odeurs malodorantes » en pleine journée. Logistique de proximité : dans un délai de 72 heures, le MINAT va distribuer 2 800 outils (brouettes, pelles, balais, râteaux) aux communes de Yaoundé pour pallier les carences logistiques.

La fermeté comme méthode

Là où sa collègue du Développement Urbain privilégiait la sensibilisation souvent stérile, Atanga Nji brandit la force publique. « Désormais on t’attrape en train de jeter les ordures au sol, la police t’interpelle et on te garde à vue », prévient-il sans détour. Un tour de vis sécuritaire qui traduit l’urgence de restaurer l’image de la « vitrine » des institutions.

En s’appuyant sur la « dotation spéciale » et les engins octroyés par le chef de l’État, le MINAT ne se contente pas de critiquer ; il occupe le terrain délaissé. Pour Célestine Ketcha Courtès, le désaveu est cinglant. En prenant les rênes de la « campagne nationale de villes propres », Paul Atanga Nji prouve que, dans le système Biya, le pouvoir appartient à celui qui agit, pas à celui qui communique.

La honte collective a peut-être trouvé son remède : une dose massive d’autorité territoriale. Reste à savoir si les bacs à ordures, une fois déplacés, ne seront pas remplacés par le retour des vieilles habitudes. Mais avec des descentes hebdomadaires des préfets déjà annoncées, la pression ne risque pas de retomber de sitôt.

Source: La République n°1134