Faux décret présidentiel : Johann Sitchom incarcéré à Kondengui pour « tentative d'atteinte à la sûreté de l'État »

Sitchom Kuate Va A La Crtv Image illustrative

Tue, 11 Aug 2026 Source: www.camerounweb.com

Johann Adriel Sitchom Kuate, l'homme qui avait tenté de faire lire un faux décret présidentiel nommant un vice-président à la CRTV le 12 juin 2026, a été incarcéré à la prison centrale de Kondengui. Il est poursuivi pour « tentative d'atteinte à la sûreté de l'État avec complicité de puissances étrangères » . Une qualification qui marque un tournant dans une affaire déjà qualifiée de « tentative de coup d'État institutionnel » par plusieurs observateurs .

Le 12 juin 2026, Johann Sitchom se présente au siège de la CRTV, à Yaoundé, porteur d'enveloppes scellées contenant deux prétendus décrets présidentiels. Le premier nomme un vice-président de la République. Le second annonce un remaniement gouvernemental complet . Les documents arborent tous les attributs de l'authenticité : sceaux officiels de la présidence, signature attribuée à Paul Biya, numérotation conforme .

Sitchom affirme avoir été mandaté par le palais présidentiel et demande que le document soit lu au journal de 17 heures. Mais la CRTV refuse. Alerté par plusieurs anomalies, Aimé Robert Bihina contacte le directeur de la CRTV, Charles Ndongo, qui joint Samuel Mvondo Ayolo, directeur du Cabinet civil de Paul Biya. La réponse est sans appel : le texte ne provient pas de la présidence .

Si Sitchom a été arrêté dans la foulée, l'enquête menée par le Secrétariat d'État à la Défense (SED) et la Direction de la sécurité présidentielle (DSP) a rapidement pris une tournure explosive. Sur les copies physiques des « décrets noirs » saisies au domicile de Sitchom, un nom figurait : celui d'Oswald Baboke, directeur adjoint du Cabinet civil de Paul Biya .

L'affaire, désormais surnommée « l'affaire Baboke », secoue le sommet de l'État. Baboke est visé par une enquête pour le document frauduleux et a été convoqué par la DSP le 7 juillet 2026 . Selon des sources sécuritaires, l'hypothèse d'une tentative de « coup d'État institutionnel » est privilégiée, s'éloignant de la théorie d'une action isolée menée par un déséquilibré .

L'incarcération de Johann Sitchom à Kondengui pour « tentative d'atteinte à la sûreté de l'État avec complicité de puissances étrangères » confirme que la justice camerounaise prend cette affaire très au sérieux. La qualification retenue – atteinte à la sûreté de l'État avec complicité de puissances étrangères – suggère que les investigations auraient mis au jour des éléments impliquant des acteurs extérieurs.

Cette affaire intervient dans un contexte politique particulièrement sensible. Cinq jours avant la tentative de Sitchom, Paul Biya avait quitté Yaoundé pour la Suisse, où il séjourne depuis plus de deux mois pour ce qui était présenté comme un « court séjour privé » . Selon Jeune Afrique, des conseillers américains avaient recommandé au chef de l'État de reporter ce déplacement, estimant que son absence « pourrait être exploitée par des groupes souhaitant imposer leur version du remaniement gouvernemental et leur favori à la vice-présidence » .

Source: www.camerounweb.com