Felix Agbor Balla : « Reconnaître un problème n’est pas le résoudre », dit l’avocat à Jeune Afrique

Nkongho Felix Agbor Balla Image illustrative

Sat, 17 Oct 2026 Source: www.camerounweb.com

Dix ans après le début du conflit dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest, l’avocat et défenseur des droits de l’homme Felix Agbor Balla a livré son analyse à Jeune Afrique, dans le dernier volet de la série « Noso, une décennie noire ». Le magazine rappelle qu’il milite toujours pour « l’autodétermination » des peuples de l’ancien Southern Cameroon, tout en défendant un retour au fédéralisme.

Interrogé par Jeune Afrique, il affirme que la reconnaissance de la spécificité anglophone reste « au cœur de la crise ». Selon lui, les revendications initiales ont révélé le sentiment d’une érosion de l’identité juridique, éducative, culturelle et politique des anglophones, et ces griefs, exprimés pacifiquement, n’ont pas été traités rapidement ni de manière globale. Il dresse un bilan sévère : des milliers de morts, des centaines de milliers de déplacés, des communautés détruites, des enfants privés d’école.

Face aux mesures mises en avant par le gouvernement, l’avocat nuance. Il reconnaît à Jeune Afrique que la section de common law à l’Enam et les autres mesures sur la justice faisaient partie de ce que les avocats avaient demandé, et qu’elles prouvent l’existence d’un vrai problème. Mais il estime que la Commission nationale pour la promotion du bilinguisme et du multiculturalisme est essentiellement consultative, et que le statut spécial n’a pas produit l’autonomie espérée. Des mesures conçues surtout par le pouvoir central, sans appropriation par les populations, auront du mal à rétablir la confiance, déclare-t-il au magazine.

Sa conclusion, répétée dans l’entretien : « il ne peut y avoir de solution militaire à cette crise ».

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