Fin de mandat : Paul Biya prend une décision spectaculaire

PAUL BIYA MARCHE Décision politique

Mon, 8 Jun 2026 Source: L’Indépendant n°1037 du 8 juin 2026

En procédant le 02 juin dernier à la nomination des membres du Conseil supérieur de la magistrature, le chef de l’État répond à une attente pressante. Le mandat des membres de ce Conseil était échu depuis le 15 juillet 2025.

La dernière session de ce Conseil s’est tenue il y a six ans, précisément le 10 août 2020. Une situation de léthargie qui déteint sur le fonctionnement de la magistrature. Les auditeurs de justice sont en attente d’intégration. Les affectations, avancements, mises à la retraite et autre dossier disciplinaire des magistrats sont grippés.

En parcourant les profils des heureux élus, il apparait que Paul Biya gouverne avec des clans. Des noms comme Ekono Nna Albert, Sali Dahirou, en disent long sur la transition générationnelle tant clamée. Si l’on peut se féliciter du profil de certains élus à l’instar de Ngo Issi Adèle, Essomba Bengono Engelbert, cette joie est vite tempérée. Les députés ont vu leur mandat prorogé par deux fois, leur légitimité au sein de cette instance prête à caution.

La faute à l’hyper présidentialisation. Sous d’autres cieux, les sessions du Conseil supérieur de la magistrature ne sont pas forcément présidées par le chef de l’État. Dans ses missions de régulation sociale, la justice sert de soupape à l’équilibre de la société. Une justice sous embargo, certains diraient aux ordres, bat en brèche le principe de la « séparation des pouvoirs », consacré par Montesquieu.

La France que nous aimons tant prendre en exemple, est secouée en ce moment par la disparition d’une jeune fillette de 11 ans, Lyhanna, embarquée au sortir du collège par Jérôme Barella, prédateur sexuel, connu et fiché par de multiples plaintes et signalements. Le ministre la justice Gérard Darmanin, s’est expliqué au 20 heures de TF1, demandant pardon à la famille de la jeune fillette, et reconnaissant les multiples dysfonctionnements de la machine judiciaire. À côté de l’enquête administrative prescrite par le Premier ministre français, Sébastien Lecornu, la justice est aux avants postes.

Après le viol d’une fillette de 3 ans à Odza, aucun procureur de la République ne s’est saisi du dossier pour rassurer les populations. Même poncepilatisme lorsque le procureur de la Mefou et Afamba, est dessaisi brutalement des premiers éléments de l’enquête autour de l’assassinat de Martinez Zogo.

Comment comprendre que deux semaines après le viol de Joyce, le porte-parole du gouvernement ait fait une sortie complètement inutile, accompagné de certains collègues sur une affaire qui continue de choquer l’opinion publique, sans apporter aucun élément nouveau ?

Autant des petites gens sont jetées en pâture pour le moindre larcin, autant les puissants et autres intouchables sont ménagés par une justice inféodée à un pouvoir sournois et impitoyable envers la moindre bravade. Les magistrats ne le savent que top bien. Au risque de compromettre leur carrière, ils se tiennent à équidistance d’un pouvoir pesant et étouffant, qui bride, intimide, et enterre de nombreux scandales et autres crimes par l’ouverture des commissions d’enquête aux résultats biaisés. Nos magistrats n’ont pas les coudées franches. C’est le moins que l’on puisse dire.

Source: L’Indépendant n°1037 du 8 juin 2026