Après la divulgation sur les réseaux sociaux d'un courrier confidentiel sollicitant des Land Cruiser auprès d'ENEO, le commandant de la 2ème Région Militaire Interarmées ordonne une enquête de sécurité pour identifier les responsables de la fuite.
L'affaire fait du bruit dans les milieux militaires camerounais. Le général de Brigade Ngolo Ngomba Tobie Gabriel, commandant de la 2ème Région Militaire Interarmées, a ordonné le 12 janvier 2026 l'ouverture d'une enquête de sécurité suite à la fuite d'un document confidentiel qui l'a profondément embarrassé.
Le document en question, daté du 18 décembre 2025, révèle que le haut responsable militaire avait sollicité auprès du Directeur Général d'ENEO à Douala "un don de moyens roulants au profit de la Deuxième Région Militaire Interarmées". Selon les informations disponibles, la demande portait sur dix véhicules Land Cruiser, un équipement prisé par les hautes autorités.
La divulgation "intentionnelle" de cette correspondance sur les réseaux sociaux, comme le mentionne le général dans son courrier de réaction, a provoqué une onde de choc. L'affaire soulève des questions sur les pratiques de sollicitation de dons par les responsables militaires auprès des entreprises publiques et privées.
Dans un courrier officiel adressé le 12 janvier 2026 au Directeur Général d'ENEO, le général Ngolo Ngomba annonce avoir "instruit ce jour, le Chef d'Antenne de Sécurité Militaire du Littoral de mener une enquête de sécurité dans votre structure, afin de retrouver l'auteur et ou les auteurs de la fuite de ce document".
Le document porte la mention "CONFIDENTIEL" et exige la mise à disposition immédiate du responsable présumé ainsi que de "tous vos collaborateurs qui seront sollicités dans le cadre de cette enquête". Une démarche qui témoigne de la gravité avec laquelle le commandant de la région militaire traite cette affaire.
Au-delà de la chasse à la taupe lancée par le général, cette affaire met en lumière plusieurs problématiques. D'abord, la pratique apparemment courante de sollicitations de dons auprès d'entreprises publiques par des responsables militaires. Ensuite, les risques liés à la gestion des documents sensibles dans les administrations camerounaises.
La réaction musclée du général Ngolo Ngomba, qui réclame une enquête de sécurité dans les locaux d'ENEO, montre également l'étendue du pouvoir des autorités militaires sur les entreprises publiques. Le Directeur Général d'ENEO se trouve ainsi contraint de faciliter une investigation au sein de sa propre structure.
Des copies largement diffusées
Fait notable, le courrier du 12 janvier 2026 a été transmis en copie à plusieurs autorités : le ministère de la Défense (MINDEF), le Gouverneur du Littoral, le délégué départemental chargé de l'Action et des Renseignements pour le Littoral, ainsi qu'aux archives. Cette large diffusion officielle contraste ironiquement avec la volonté de traquer la fuite initiale.
L'enquête en cours devrait permettre d'identifier si la fuite provient des services d'ENEO, de la 2ème Région Militaire Interarmées, ou d'une autre source ayant eu accès au document. Reste à savoir si les responsables seront effectivement identifiés et quelles sanctions pourraient être appliquées.
Cette affaire illustre une fois de plus les défis de confidentialité auxquels font face les administrations camerounaises à l'ère des réseaux sociaux, où un document sensible peut devenir viral en quelques heures, mettant ses auteurs dans l'embarras public.