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Regional News Mon, 3 Dec 2018

Garoua: les prestataires des chantiers de la CAN revendiquent leur argent

La nouvelle est tombée tel un couperet ce vendredi 29 novembre 2018 dans la ville de Garoua. Au début de la diffusion de la nouvelle sur les réseaux sociaux aux alentours de 10h du matin, les téléphones n’ont cessé de crépiter. Et beaucoup commencent déjà à spéculer sur les impacts probables du retrait de l’organisation de la CAN 2019 au Cameroun à Garoua. Il y a d’abord la survie des chantiers engagés à l’occasion de cette compétition et dont aucun n’est réceptionné jusqu’à ce jour. Il s’agit des chantiers de réhabilitation des routes, de construction des infrastructures hôtelières, sanitaires et sportives. Devant l’ampleur des inquiétudes, le premier magistrat de la ville se veut rassurant. «Tous les chantiers engagés à Garoua iront à termes. Les contrats ont été passés entre l’Etat du Cameroun et des entreprises, chacune des parties se doit de respecter ses engagements. Il n’a été inscrit nulle part dans un contrat que la réalisation de celui-ci à terme dépend du déroulement ou non de la prochaine CAN au Cameroun où à Garoua. Le souhait, c’était de terminer ces travaux avant le déroulement de cette compétition, mais il n’empêche que tous les travaux iront jusqu’à leur terme», rassure Ahmadou Elhadji Bouba, Délégué du gouvernement auprès de la communauté urbaine de Garoua.

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Une assurance qui ne semble cependant pas convaincre certains acteurs particulièrement impliqués dans les préparatifs de cette coupe d’Afrique des nations à Garoua. Dans le milieu des prestataires de services aux entreprises qui sont en charge de l’exécution des grands travaux consacrés à la préparation de la CAN Total 2019, on ne cache pas ses inquiétudes. Dans un mémorandum adressé au gouverneur de la région le 31 juillet 2018, le "Collectif des prestataires et fournisseurs de services dans les chantiers de la CAN Total 2019 à Garoua «sollicitait l’intervention des autorités pour le règlement des frais de leurs prestations réalisées auprès de l’entreprise Prime Potomac notamment. Au moment où nous rendions public notre mémorandum, l’ensemble des établissements et entreprises partenaires de Prime Potomac réclamaient à cette dernière près de trois milliards de FCFA. A ce jour, la question n’a pas été réglée même à moitié. L’ardoise avoisine toujours les deux milliards. Le principal problème que nous avons face au règlement de nos créances, c’est que nous n’avons aucune précision sur le moment et les conditions de règlement de ceux-ci. Au moment de la réalisation des prestations, les conditions de paiements étaient connues et répondaient aux normes en vigueur dans les transactions commerciales. C’est-à-dire que si vous avez livré une marchandise, vous devez attendre maximum deux à trois mois pour rentrer dans vos fonds. Certains sont aujourd’hui à plus d’un an et on leur demande d’attendre tranquillement qu’on les appelle. On vous doit 450 millions, deux mois après on vous appelle pour vous verser trois millions comme avance en vous demandant d’aller attendre», indique Souleymanou Abdou, opérateur économique à Garoua et prestataire de l’entreprise Prime Potomac.

Ce dernier poursuit en soulignant que le collectif n’entend pas rester les bras croisés si rien n’est fait dans un bref délai. «Il y a des informations contradictoires qui nous inquiètent. Nos représentants sont allés jusqu’à Yaoundé, à la présidence de la République, des responsables nous ont certifiés que Prime Potomac avait reçu une bonne partie des fonds consacrés aux chantiers et devait logiquement régler au moins les trois quarts de nos factures. Du côté de Prime Potomac, on a toujours juré n’avoir pas reçu suffisamment d’argent pour nous payer. Imaginez que tout s’arrête aujourd’hui, qu’allons-nous faire, certains ont fermé boutique parce qu’ils avaient tout misé dans cette affaire. Nous n’allons pas rester les bras croisés, maintenant que les choses prennent cette tournure, il va falloir que nous, également, passions à la vitesse supérieure pour que justice soit faite», poursuit-il. Mais l’impact de l’annulation de l’organisation de cette compétition au Cameroun ne touchera pas que les prestataires de services dans les chantiers. De nombreux jeunes opérateurs ont également investi des fonds dans la réalisation des projets entrant dans les domaines du loisir, de l’hôtellerie, de la restauration.

Source: L'OEIL DU SAHEL N°1155
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