La dématérialisation des actes d’enregistrement
L’annonce du nouveau gouvernement était imminente avant le voyage de Paul Biya en Suisse. Elle le serait toujours, mais avant, des choses doivent être faites et l’une d’elles concerne le département dirigé par Louis-Paul Motaze. Puisque le travail prend du temps à se faire, une désignation vient d’être faite, lui demandant de se sacrifier pour les autres.
C’est un sujet qui préoccupe assez les pouvoirs publics et la population. Depuis un moment, cela « tourne au casse-tête pour de nombreux prestataires », selon le lanceur d’alerte Boris Bertolt qui dévoile l’affaire sur ses différentes pages.
En effet, la dématérialisation des actes d’enregistrement était présentée comme une réforme destinée à moderniser l’administration fiscale et à simplifier les procédures. Elle « semble aujourd’hui susciter de nombreuses critiques de la part des prestataires », fait savoir la source.
Il est une réalité que plusieurs professionnels dénoncent des retards importants dans le traitement des dossiers soumis via la nouvelle plateforme d’enregistrement en ligne mise en place par l’État.
Selon les témoignages recueillis par Boris Bertolt, « les actes transmis électroniquement doivent obligatoirement être validés par les chefs de centre avant d’être définitivement enregistrés. C’est précisément à cette étape que les difficultés commencent ».
Lorsqu’on pose la question aux usagers et aux prestataires, ils point des délais de trois semaines, d’un mois, voire davantage : « Nous pensions gagner du temps grâce à la dématérialisation. En réalité, nous sommes confrontés à des délais encore plus longs qu’auparavant », fait savoir un prestataire.
Cette situation, il faut le souligner, « oblige certains usagers à effectuer de longs déplacements pour tenter d’obtenir des informations sur l’état d’avancement de leurs dossiers. L’un d’entre eux affirme parcourir plus de 50 kilomètres pour se rendre à Yaoundé afin de s’informer sur ses demandes, sans pour autant obtenir de réponses satisfaisantes », écrit Bertolt.
Plus grave, le problème ne serait pas isolé. Le Centre des impôts de la Cime Ouest, par exemple, est notamment cité parmi les structures où les validations d’actes accusent régulièrement des retards pouvant dépasser un mois. Pour les prestataires, ces lenteurs administratives ont des conséquences directes sur leurs activités. Les retards dans l’enregistrement des actes entraînent le report de certaines opérations, ralentissent l’exécution des marchés et génèrent des pertes financières importantes.
C’est pour cette raison que les prestataires lancent un appel au ministère des Finances dirigé par Louis-Paul Motaze. Ils souhaitent qu’il prenne des mesures urgentes afin d’améliorer le fonctionnement du système et de garantir la validation des actes dans des délais raisonnables.