Grave révélations : Paul Biya ne porte plus de chevalière depuis au moins 15 ans

PAUL BIYA MAINS 'Le Président Biya est il réellement rentré ?'

Fri, 21 Aug 2026 Source: www.camerounweb.com

Sur un ton satirique, Vincent Sosthène Fouda critique la couverture par la CRTV du retour de Paul Biya au Cameroun, dénonçant un « direct indirect » marqué par des images jugées floues, décalées et incohérentes.

Il y a des pays qui maîtrisent la haute technologie, d’autres la diplomatie, d’autres encore la mise en scène. Le Cameroun, lui, vient d’inventer une nouvelle discipline audiovisuelle : le direct qui n’est pas direct, le direct hésitant, le direct qui trébuche sur sa propre ombre.

Il fallait oser. La CRTV l’a fait.

Déployer 200 agents, des caméras lourdes comme des consciences, des grues, des câbles, des badges, des talkies walkies, des chefs de chaîne, des sous chefs de chaîne, des superviseurs de superviseurs — tout cela pour offrir au peuple camerounais ce que l’on pourrait appeler, avec une ironie douce, l’indirect du direct.

Le résultat est une œuvre d’art involontaire. Une fresque surréaliste. Une performance digne de Kafka, où l’on ne sait plus si l’on regarde un événement ou son fantôme. Les images ne concordent pas : la Première Dame apparaît dans une tenue bleue, puis blanche, puis dans une lumière irréelle qui ferait pâlir les studios de cinéma. Les angles changent, les ombres se déplacent, les silhouettes se dédoublent. On dirait une scène de Cent ans de solitude où les personnages reviennent d’entre les mondes, enveloppés d’un halo magique.

Les Camerounais, eux, deviennent des experts en analyse d’images, des détectives du pixel, des archivistes du flou. « La vérité est rarement pure et jamais simple. » — Oscar Wilde

Et à Nsimalen, elle n’est ni pure, ni simple, ni même certaine. La question qui traverse les quartiers de Yaoundé est devenue un refrain : le Président Biya est il réellement rentré ? Les images ne le prouvent pas. Les incohérences le suggèrent. Le silence le confirme. Et la mise en scène le trahit. On dirait un roman de Kafka : le personnage principal existe, mais on ne le voit pas ; il agit, mais on ne sait comment ; il revient, mais on ne sait quand. Le pouvoir, lui, semble persuadé que l’image suffit à fabriquer le réel. Comme si filmer un événement équivalait à le produire. « Celui qui détient les images détient les esprits. » — Milan Kundera

Encore faut il que les images soient vraies. Alors, mise en scène ou amateurisme ? Frilosité ou intimidation ? Le peuple hésite. Est ce un pouvoir qui veut montrer sans montrer, dire sans dire, affirmer sans prouver ? Ou un pouvoir qui veut faire bien, mais qui fait mal, très mal, catastrophiquement mal ? Ou encore un pouvoir qui a peur : peur de montrer ce qu’il ne faut pas voir, peur de révéler ce qui ne doit pas être su, peur de laisser le réel s’exprimer sans filtre ? « Dans un gouvernement où tout est mystère, le mystère devient la règle. » — Montesquieu

Et la CRTV applique la règle avec un zèle presque religieux. Yaoundé retient son souffle. Les conversations sont feutrées. Les réseaux sociaux sont en feu. Le Cameroun vit un moment étrange : un pays où l’on peut déployer 200 personnes pour filmer un homme, mais où l’on n’est pas certain que l’homme était là. On dirait une scène de Camus : tout le monde attend quelque chose, mais personne ne sait quoi. Le soleil tape, les regards se croisent, et l’absurde s’installe. « Le monde est tragique pour celui qui a de l’esprit, et comique pour celui qui a du cœur. » — Chamfort

Le Cameroun, lui, a les deux. La satire devient alors une respiration nationale. L’ironie n’est plus un style : c’est un devoir civique. Le rire n’est plus un divertissement : c’est une forme de résistance. Et la chronique n’est plus un genre littéraire : c’est un outil de survie. Car tant que la CRTV continuera à filmer le réel comme un roman fantastique, le peuple continuera à douter, à rire, à s’indigner — et à écrire.

Que retenir au final, sinon cette respiration forte du romancier Man Bene "Cette main n'est pas celle de Biya.

Biya ne porte plus de chevalière depuis au moins 15 ans. En plus, quand bien même Biya portait encore la chevalière, il ne la mettait jamais sur l'auriculaire et mieux encore la main droite.

Abim té !" Qui suis-je pour faire autrement, je ne peux que montrer l'unique photo.

Vincent Sosthène Fouda

Source: www.camerounweb.com