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General News Mon, 22 Feb 2021

Guerre dans le sérail: le gouvernement pousse la BAD à retirer ses financements

Selon des indiscrétions, la Banque africaine de développement tient le ministère des Travaux publics pour responsable de cette situation car l’administration accuse six mois de retard dans le processus d’évaluation des offres. Tandis que l’indifférence du premier ministre agace.

Les nouvelles ne sont pas bonnes pour les projets routiers Ntui-Mankim (96,7 Km et Maroua-Bogo-Pouss. En effet, des sources bien renseignées révèlent que la Banque africaine de développement (BAD), principal bailleur de fonds dans le cadre desdits projets, menace de retirer ses financements pour plusieurs raisons. D’une part, selon nos sources, est relative au retard qu’accuse le ministère des Travaux publics (Mintp) dans la transmission des offres à la BAD, après évaluation.

Dans ce sens, indiquent nos sources, le Mintp accuse un important retard dans le processus d’évaluation, plus particulièrement concernant les appels d’offres pour l’acquisition des travaux d’aménagement des tronçons routiers Ntui-Ndjolé-Mankim et BogoPouss. En effet, bien que l’ouverture des plis y relatifs aient eu lieu depuis plus de six et cinq mois respectivement aucun rapport d’analyse n’a été à ce jour transmis à la Banque pour examen et avis de non objection comme requis.

Cette situation est préoccupante d’autant plus que la date du dernier décaissement des financements relatifs au programme d’appui au secteur des transports – Phase I de la BAD a déjà connu une prorogation de trois années jusqu’au 31 décembre 2022 alors que la durée prévisionnelle d’exécution de l’activité concernée par l’appel d’offres est actuellement réduite d’environ un mois et demi. D’autre part, renseignent des sources crédibles, la BAD constate avec regret la divulgation récurrente dans la presse nationale des délibérations des commissions d’évaluation des offres alors que le processus d’évaluation y relatives est encore en cours. Cet état de fait, à en croire nos sources, est susceptible d’entacher fortement la régularité et la crédibilité des processus et remettre en cause les efforts soulignés ci-avant.

Au regard de ce qui précède, la BAD désapprouve cette divulgation des délibérations des commissions du Mintp.

Elle demande d’ailleurs au Mintp de sanctionner les fonctionnaires qui se sont rendus coupables de ces faits afin que de telles irrégularités ne se produisent plus et de garantir toute la sérénité ainsi que l’intégrité nécessaire à une évaluation objective des offres. Pour finir, le bailleur de fonds indique qu’en cas de récidive, il serait amené à prendre des mesures qui s’imposent, qui pourrait aller jusqu’à l’annulation de ces processus. Micmacs au Mintp Suite à l’échec de trois sessions de travail de la Commission d'arbitrage du ministère des Marchés publics ces dernières semaines, résolution a été prise que le ministre des Travaux publics fasse asseoir une nouvelle sous-commission pour statuer sur l’adjudication de ce marché routier qui a failli pencher en faveur du Chinois Sinohydro accusé d’avoir corrompu les ingénieurs du ministre.

Selon nos informations, cette sous-commission devra « suivre les recommandations du Minmap ». Un appel à l'attention du MINTP de veiller sur l'option gouvernementale dont les recommandations vont dans le sens de la recherche des partenaires techniques capables de réaliser les travaux à moindre coût. De quoi s’agit-il ? Il y a deux semaines, la Commission d’arbitrage a été sollicitée par le ministère des Travaux publics pour statuer en dernier recours sur deux avis défavorables de la Commission centrale de contrôle des marchés routiers (CCCM-TR), également logé au Minmap, et que conteste le Mintp.

En effet, nos sources renseignent que le ministre des Marchés publics, Ibrahim Talba Malla, a dû suspendre, le 8 janvier dernier, les travaux de la Commission d’arbitrage. Raison : Une passe d’armes houleuse a éclaté entre les membres de ladite commission. Alors que certains demandaient de tenir compte des avis défavorables de la CCCM-TR, d’autres ont remis en cause l’élimination de l’entreprise chinoise. Pour disqualifier l’entreprise chinoise, la CCCM-TR explique que sa proposition financière est hors enveloppe sur le lot 2B «Ndjolè-Mankim». Alors que le budget prévisionnel, toutes taxes confondues (TTC), prescrit par le dossier d’appel d’offres (DAO), est de 24,26 milliards de FCFA, Sinohydro a plutôt fait une offre financière TTC de 28,29 milliards de FCFA, soit un dépassement du budget prévisionnel de plus de 4,5 milliards de FCFA. Sur le lot 2A «Ntui-Ndjolè», il est reproché à l’entreprise chinoise de n’avoir pas respecté les dispositions du DAO. Le prestataire chinois a présenté un environnementaliste qui n’a jamais participé à un projet d’une telle envergure. En plus, il n’a pas l’expérience requise par le DAO. Ce qui, pour la CCCM-TR, est un critère éliminatoire.

«Si le Cameroun vient à sélectionner Sinohydro malgré toutes les irrégularités ayant entaché le processus, le principal bailleur de fonds [Banque africaine de développement] pourrait se retirer du projet et les autres entreprises en lice pourraient porter plainte au Cameroun», commente un membre de la Commission. Mais, le ministre des Travaux publics, Emmanuel Nganou Djoumessi, n’est pas de cet avis. Des indiscrétions font état de ce qu’il veut rendre l’appel d’offres infructueux.
Source: Essingan