Guerre de succession à Étoudi : Mamadou Mota dézingue proprement Dieudonné Kamdem

Dieudonné Kamdem Mamadou Mota 'Leur théologie est d’une simplicité biblique : payez votre dîme, ou brûlez en enfer'

Wed, 29 Jul 2026 Source: www.camerounweb.com

Le vice-président du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC) accuse « l’homme de Dieu » Dieudonné Kamdem d'avoir exploité la foi de nombreux fidèles à des fins d'enrichissement, en le présentant comme un prédicateur condamné par la justice et bénéficiant d'une impunité. Dans une sortie explosive, Mamadou Mota estime que ses récentes prises de position politiques, notamment en faveur du régime de Paul Biya, visent davantage à préserver ses intérêts qu'à défendre l'intérêt général.

Quand l'imposture se fait sermon

Mes très chers frères en crédulité

Il est des spectacles dont la comédie humaine a le secret, mais dont le cynisme finit par dépasser la fiction la plus débridée. Prenez un escroc de haut vol, assaisonnez-le d’une pincée de messianisme de pacotille, drapevez-le dans les oripeaux du sacré, et vous obtenez cette catégorie particulièrement abjecte de prédateurs : les marchands de paradis à crédit.

Dans ce théâtre d’ombres où la détresse humaine sert de fond de commerce, voici donc le retour du grand prophète de l’extorsion, M. Dieudonné Kamdem. Accompagné de ses acolytes telle cette fantasque Magali, auto-proclamée avec une modestie touchante général de Dieu, notre homme a transformé l’Évangile en un vulgaire plan d’épargne bancaire. Leur théologie est d’une simplicité biblique : payez votre dîme, ou brûlez en enfer. C'est le racket à la bougie, le hold-up sous bénédiction divine. Des centaines de millions de francs CFA extorqués à des milliers de ménages camerounais crédules, tondus jusqu’à la chair par le gourou en costume trois pièces.

Condamné par la justice, en fuite pendant dix ans, le voilà qui réapparaît. Non pas en habit de pénitent, non pas dans le silence d'une cellule, mais en promenade de santé dans les rues de Yaoundé, la conscience aussi légère que les poches de ses victimes sont vides. Dans n'importe quel État de droit digne de ce nom, un tel personnage serait sous les verrous. Au royaume de l'impunité, il se balade en roue libre.

Mais l’impudence ne s’arrête pas là. Car l’escroc a du souffle, et désormais, il fait de la politique. Le voilà pérorant sur les plateaux de télévision, distribuera les points de civisme et prédisant, la mine grave et l’œil mouillé, que « les Camerounais regretteront Paul Biya ».

Regretter quoi, M. Kamdem ? Et surtout, qui regrettera qui ?

Que les honnêtes citoyens, épuisés par la vie chère, privés de services publics décents et floués par des charlatans de votre espèce, regrettent un système qui vous laisse prospérer ? Permettez-nous d'en douter. En revanche, que vous, les bandits de grand chemin, les maîtres chanteurs du salut et les sangsues du désespoir, vous regrettiez un régime qui vous offre un tel sanctuaire de tolérance et d'impunité… ah ça, oui ! C’est une certitude absolue.

Vous ne défendez pas un bilan, M. Kamdem ; vous défendez votre fonds de commerce. Vous ne mettez pas en garde les Camerounais ; vous tremblez simplement à l'idée qu'un jour, la justice des hommes finisse par rattraper les affaires de Dieu.

Baba Bikkoy

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