Guerre des clans à Etoudi : Comment Franck Biya veut imposer le colonel Bamkoui à la DGRE

Emile Bamkoui Retraite.png Image illustrative

Fri, 7 Aug 2026 Source: www.camerounweb.com

La guerre des chefs fait rage au palais d’Etoudi. Moins de trois ans après la chute de Léopold Maxime Eko Eko, la DGRE redevient le champ de bataille d’une lutte d’influence sans merci. En ligne de mire : le patron actuel des renseignements, Jean-Pierre Robins Ghoumo, que le fils du président, Franck Biya, entend remplacer par le colonel tortionnaire Joël Émile Bamkoui. Une offensive qui menace l’équilibre des pouvoirs au sommet de l’État, et qui expose au grand jour les fractures du régime.



Prenez la peine de lire cet article que j’avais publié il y’a plusieurs mois

Guerre des clans à Etoudi : Comment Franck Biya veut imposer le colonel Bamkoui à la DGRE

​Le palais d’Etoudi est le théâtre d'une guerre de tranchées feutrée mais impitoyable, et la Direction générale de la recherche extérieure (DGRE) en est désormais l'épicentre. Moins de trois ans après le séisme de l’affaire Martinez Zogo — qui a emporté l’ancien maître espion Léopold Maxime Eko Eko —, le service de renseignement camerounais vacille à nouveau. Au cœur de la tempête : l'actuel directeur, Jean-Pierre Robins Ghoumo, dont la tête est activement mise à prix par le premier cercle du pouvoir, avec en première ligne, le fils du chef de l'État, Franck Biya.

​L'offensive Franck Biya : Le choix stratégique de Joël Émile Bamkoui

​Loin de l'image de dauphin discret qu'on lui prête parfois, Franck Biya a décidé de passer à l'action directe. Selon des sources internes, il a franchi le Rubicon en adressant une note officielle et confidentielle à son père, le président Paul Biya. L'objet est sans ambiguïté : exiger le limogeage immédiat de Robins Ghoumo.

​Mais Franck Biya ne se contente pas de détruire, il propose une alternative de choc. Il plaide avec insistance pour que les clés de la DGRE soient confiées au colonel tortionnaire à la retraite Joël Émile Bamkoui.

​Le profil du candidat : Ancien patron de la Sécurité militaire (Semil), Bamkoui est un homme à poigne, redouté pour ses méthodes implacables dans les dossiers sales et les actes de torture et d’enlèvement. En propulsant cette tortionnaire, Franck Biya cherche à placer un loyaliste d'acier à un poste névralgique, capable de nettoyer les écuries d'Augias du renseignement camerounais et de lui offrir un bouclier de premier ordre.

​L'axe Ngoh Ngoh - Chantal Biya dans le collimateur

​Derrière la guerre des hommes se cache une féroce bataille d'influence pour le contrôle de l'information présidentielle. Pour Franck Biya, l'actuel patron de la DGRE, Jean-Pierre Robins Ghoumo, est une erreur de casting majeure, mais surtout un pion stratégique avancé par le camp adverse. Ancien cadre du secrétariat général de la présidence, sa nomination avait été largement parrainée par le tout-puissant Ferdinand Ngoh Ngoh et la première dame, Chantal Biya.

​Aujourd'hui, le constat de Franck Biya est sans appel :

​La rétention d'information : Les notes de la DGRE transitent de manière exclusive par les bureaux de Ferdinand Ngoh Ngoh. Ce dernier est accusé par le clan Franck Biya de filtrer, de trier et de manipuler les renseignements avant qu'ils n'atteignent le bureau du chef de l'État.

​L'exposition médiatique : Franck Biya fulmine face à l'incapacité (ou la complicité passive) de la DGRE à stopper les fuites répétées sur sa vie privée et ses activités, massivement distillées auprès des activistes et des médias de la diaspora. Une vulnérabilité jugée inacceptable à l'heure où se joue la réinstauration du poste de vice-président de la République — un fauteuil pour lequel Franck Biya est pressenti, malgré l'hostilité frontale du clan de la première dame.

​Face à ce statu quo présidentiel, Franck Biya ne désarme pas. Tout en maintenant la pression pour installer Bamkoui à la DGRE, il consolide activement ses réseaux politiques et diplomatiques, épaulé par des poids lourds du régime comme Samuel Mvondo Ayolo (directeur du cabinet civil) et Robert Nkili (vice-président du Sénat). À Yaoundé, la bataille pour le contrôle des services secrets est loin d'avoir rendu son verdict.

𝑷𝒂𝒖𝒍 𝑪𝒉𝒐𝒖𝒕𝒂 (𝑷𝑪)/𝙇𝙚 𝙏𝙜𝙫 𝙙𝙚 𝙇'𝙞𝙣𝙛𝙤

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