L'activiste Hervé Mbapou, alias Général Ramzam Moranzambé, a reconnu avoir enregistré le capitaine Effoudou lors d'une conversation privée. Dans une mise au point adressée à l'opinion publique, il explique avoir agi pour se protéger, craignant d'être arrêté comme bouc émissaire après les déclarations explosives de son « petit frère » contre les hautes autorités de l'État.
Hervé Mbapou affirme avoir enregistré le capitaine Effoudou, qu'il qualifie de « petit frère », après avoir vu ce que je craignais arriver – que certains fassent le lien entre lui et moi pour m'accuser de complicité. « J'ai eu peur d'être encore arrêté, d'être jeté en prison comme bouc émissaire », écrit-il.
Il précise avoir enregistré cette conversation non pour la publier, mais pour se protéger et avoir une preuve à présenter aux autorités si on venait à l'accuser d'atteinte à la sûreté de l'État. Selon lui, son arrestation suite aux déclarations du capitaine Effoudou était d'ailleurs prévue ce vendredi à 12h.
Un homme malade et épuisé
L'activiste, qui dit être très malade (260 de tension), confiné, avec ses biens confisqués et interdit de sortie du territoire, décrit un calvaire indéfinissable. Il a subi deux interventions chirurgicales pour sa vessie neurogène et affirme pisser du sang et du pus.
« Je suis à mobilité réduite et réduit à ma plus simple expression. On me laisse mourir à petit feu avec joie et sourire, financièrement asphyxié », déplore-t-il.
Mbapou s'en prend violemment aux Camerounais qui se servent de sa détresse pour faire du buzz et de l'argent. « Les Camerounais sont devenus de véritables asticots ectoplasmes, des mouches avides de sang et de pus. Sans aucune humanité, ce sont des monstres », écrit-il.
Il dénonce la haine et les souffrances devenues « comme un jeu vidéo » où l'on banalise la souffrance et les pleurs. « On rit du malheur des autres. Ils appellent chaque malheur un nouveau dossier », ajoute-t-il.
Cette mise au point poignante d'Hervé Mbapou, qui se présente comme une « cible désignée », abandonnée et seule, intervient alors que les déclarations du capitaine Effoudou continuent de secouer le Cameroun. L'activiste, qui dit avoir besoin de repos, conclut par une réflexion sur la souffrance : « Tant que l'épreuve ne vous est point échue, il est aisé de railler, d'inventer de calomnieux griefs et de s'ériger en censeur ».