Son épouse, selon son explication, l’a regardé droit dans les yeux et lui a dit : « Je ne veux pas que notre fille épouse quelqu’un comme toi ». Sur le coup, il a rigolé, un peu nerveusement.
Je lui ai répondu : « Quoi ? Mais pourquoi tu dis ça ? ». Elle n’a pas souri. Pas du tout. Elle m’a dit, calmement : « Parce que je ne veux pas qu’elle se sente aussi seule que moi ».
Et là, j’ai senti un truc se casser à l’intérieur. Je lui ai répondu : « Seule ? Mais on est mariés. On vit ensemble. On est une famille ». Elle m’a regardé et elle m’a dit une phrase encore plus dure : « Justement. On vit ensemble, mais je me sens seule ».
Puis elle a ajouté : « On peut être mariés et se sentir seuls en même temps. Moi, c’est mon cas ». Elle m’a expliqué doucement. Elle m’a dit que notre fille nous observait. Qu’elle me voyait sur mon téléphone pendant le dîner. Qu’elle me voyait fatigué pour parler, fatigué pour écouter, fatigué pour m’intéresser à elle. Qu’elle me voyait assis pendant que sa mère faisait tout. Qu’elle me voyait présent physiquement… mais absent mentalement.
Elle m’a dit : « Est-ce que c’est ça que je veux comme modèle de couple pour elle ? Une femme qui parle toute seule et un homme qui regarde son écran ? Non ».
Je me suis défendu, évidemment. Comme beaucoup d’hommes. Je lui ai dit : « Je travaille dur. Je ramène de l’argent. Je fais ma part. Je suis un bon mari ».
Elle s’est tue quelques secondes. Puis elle a dit une phrase qui m’a détruit : « Tu es un bon fournisseur. Mais tu n’es pas un bon compagnon. Et ce n’est pas la même chose ».
Elle m’a expliqué que je donnais de l’énergie à tout le monde sauf à elle. Au travail, je suis concentré. Avec mes amis, je rigole. Sur mon téléphone, je réponds vite. Mais avec ma femme ? Je suis fatigué. Distrait. Ailleurs.