Hippolyte Ebaka : l'itinéraire d'un discret du vrai patron de l'armée camerounaise

Hippolyte Ebaka Image illustrative

Thu, 13 Aug 2026 Source: www.camerounweb.com

Il aura fallu près d'un demi-siècle de carrière, menée le plus souvent loin des projecteurs, pour que le nom d'Hippolyte Ebaka s'impose enfin au grand public. Une enquête de Jeune Afrique consacrée à ce général de division nommé major-général des armées retrace un parcours militaire aussi long que méthodique, à rebours des trajectoires plus médiatisées de certains de ses pairs.

Selon Jeune Afrique, Hippolyte Ebaka, né le 23 août 1953 à Bibey, dans la Haute-Sanaga, est un pur produit de l'École militaire interarmes, dont il sort diplômé dès 1977. L'enquête souligne qu'il a complété cette formation initiale par un passage remarqué au prestigieux US Army Command and General Staff College, dans le Kansas — un détail qui témoigne d'un investissement précoce dans une formation d'état-major de très haut niveau, rare à cette époque pour un officier camerounais.

Jeune Afrique retrace ensuite un parcours qui l'a mené du commandement de la Garde présidentielle en 1994, sous les ordres du colonel Titus Ebogo, jusqu'au commandement du Centre de perfectionnement et d'entraînement des forces armées de Ngaoundal — poste qui lui vaut le surnom de « formateur de Ngaoundal » — puis à la tête du Bataillon blindé de reconnaissance de Douala, avant de diriger en 2007 l'opération Delta chargée de sécuriser la péninsule de Bakassi face au Nigeria. Un itinéraire jalonné de responsabilités opérationnelles et de formation, mais rarement porté sur le devant de la scène médiatique, jusqu'à sa promotion au grade de général de brigade en 2011, consécutive à sa participation remarquée au défilé du Cinquantenaire des armées à Bamenda.

Ce que documente enfin Jeune Afrique, c'est la longue période de discrétion qui a suivi cette promotion : l'officier reste, selon l'enquête, l'un des cadres les plus discrets de l'état-major à Yaoundé pendant plus d'une décennie, avant de refaire surface en juillet 2025 comme conseiller logistique au ministère de la Défense, puis d'accéder, un an plus tard à peine, au poste stratégique de major-général des armées. Un profil qui tranche avec celui d'officiers aux trajectoires plus rapides et plus exposées, et qui illustre une autre voie d'accession au sommet de la hiérarchie militaire camerounaise : celle de la loyauté silencieuse et de la compétence technique, patiemment éprouvée sur plusieurs décennies.

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