Humiliation : Pr Jacques Fame Ndongo pris en faute sur son propre terrain et recadré

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Sat, 8 Aug 2026 Source: www.camerounweb.com

Le Pr Jacques Fame Ndongo, ministre d'État de l'Enseignement supérieur, a commis une bourde grammaticale lors des Jeux Universitaires d'Ebolowa. Il a classé « n'eussent été » au « subjonctif imparfait » alors qu'il s'agit du « plus-que-parfait du subjonctif ». Une erreur que relève Darren Lambo Ebelle, professeur de Lettres, qui dénonce « l'ostentation du savoir » au détriment de la rigueur.

Une faute qui fait le tour des réseaux

La vidéo a fait le tour des réseaux. Le 6 août 2026 à Ebolowa, le Pr Jacques Fame Ndongo, ministre d'État et chancelier des Ordres académiques, a livré un discours fleuve. Verbe haut, synonymes en série. Le style était là. La grammaire, non.

Dans sa chronique, Darren Lambo Ebelle, professeur de Lettres diplômé de l'ENS de Yaoundé, pointe du doigt une faute lourde : « vous avez catégorisé « n'eussent été » comme relevant du subjonctif imparfait. Cette assertion appelle une rectification d'ordre grammatical. »

L'erreur : confondre les temps

Selon le professeur, « « eussent été » constitue une forme verbale périphrastique et composée. Elle procède de la combinaison de deux éléments : l'auxiliaire avoir conjugué à l'imparfait du subjonctif (que j'eusse, qu'ils eussent) et le participe passé du verbe être (été). »

Et de conclure : « En conséquence, « n'eussent été » relève du plus-que-parfait du subjonctif du verbe être. C'est le temps de la concordance requis dans la protase des conditionnelles irréelles de type 3. »

L'imparfait du subjonctif de « être », lui, donne : « que je fusse, que tu fusses, qu'il fût, que nous fussions, que vous fussiez, qu'ils fussent. La forme « fussent été » est inexistante en français. » (Réf. : Grevisse, Le Bon Usage, 16ᵉ éd.)

Leçon de déontologie

Au-delà de la faute, c'est la posture qui pose problème. Pour Darren Lambo Ebelle, « en sciences de l'information et de la communication, un axiome s'impose : la responsabilité éditoriale et politique d'un texte incombe à son auteur, et non à son scripteur. »

Le ministre ne peut donc se cacher derrière un conseiller. « La secrétaire assure la dactylographie et la mise en forme. Le Ministre, lui, endosse la paternité intellectuelle du discours. »

Le professeur rappelle enfin un principe de mesure : « À votre niveau d'excellence, Monsieur le Ministre d'État, la forme la plus accomplie de la correction est la « correction silencieuse ». Relire, amender, réécrire. » Et il cite Lincoln pour conclure : « Il vaut mieux se taire et passer pour un sot que de parler et de lever tous les doutes à ce sujet. »

« La grandeur ne réside pas dans l'ostentation du savoir, mais dans la délicatesse et la bienveillance avec lesquelles on le transmet », conclut le professeur.

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