Le gouvernement camerounais a organisé ce lundi 1er juin 2026 une conférence de presse conjointe pour faire face à la « montée vertigineuse » des féminicides, viols, infanticides et autres abus commis à l'encontre des enfants. Devant la presse, le ministre de la Communication, René Emmanuel Sadi, a dressé un bilan alarmant et annoncé des mesures renforcées, tout en appelant à une mobilisation collective.
Selon les statistiques présentées par le porte-parole du gouvernement, 50 femmes ont été assassinées en 2023, 67 en 2024 et 77 en 2025. Les chiffres enregistrés depuis le début de l'année 2026 confirment « cette funeste tendance haussière ». Ces féminicides sont majoritairement commis par des proches des victimes : conjoints, parents, voisins ou amis.
Des cas récents choquants : Le gouvernement a rappelé plusieurs affaires récentes qui ont marqué l'opinion : la petite Bissong Omgba Pauline Joyce, âgée de trois ans, victime de sévices sexuels dans un établissement scolaire à Odza (enquête en cours) ; Divine Mbarga, 11 ans, violée et tuée à Nkoabang ; le meurtre de trois enfants par leur mère à Nkolbisson en février 2026 ; l'assassinat d'un nourrisson de 11 mois à Ndogpassi à Douala, etc.
Le gouvernement a présenté les mécanismes existants : une centaine d'« espaces sûrs » (abris temporaires) à travers le territoire, la mise en place progressive de « Gender Desks » dans les commissariats et brigades de gendarmerie, des numéros verts pour faciliter les dénonciations, ainsi qu'une assistance judiciaire, médicale et psychologique aux victimes.
« La lutte que nous devons mener sans merci contre ces situations odieuses est une entreprise collective qui exige une mobilisation de tous et pour tous », a insisté René Emmanuel Sadi. Le gouvernement a appelé l'ensemble du corps social (associations, confessions religieuses, autorités traditionnelles, société civile, citoyens) à prendre sa part de responsabilité dans la prévention, la sensibilisation, la dénonciation et la répression de ces actes criminels.
Le Cameroun dispose d'un cadre pénal (code pénal de 2016, loi sur la cybersécurité, loi sur la protection des enfants en ligne) et a ratifié plusieurs conventions internationales (Convention relative aux droits de l'enfant, Charte africaine des droits et du bien-être de l'enfant). Le gouvernement a rappelé que le meurtrier du petit Mathys a été condamné à la peine de mort, et que d'autres procédures sont en cours.