Incohérences - Contradictions : Le gros mensonge du Colonel Otoulou contre Amougou Belinga

Colonel Otoulou.png Le récit ressemble davantage à une narration subjective qu’à une déposition rigoureuse

Fri, 17 Jul 2026 Source: www.camerounweb.com

Le colonel Otoulou s’est tourné en dérision lors de son témoignage à charge contre Amougou Belinga dans l'affaire Martinez Zogo. Il s’est fondé sur des déclarations jugées contradictoires des accusés et des affirmations sur les responsabilités des différents protagonistes.

Le pick up sans couleur du Colonel Otoulou,

On raconte qu’au tribunal militaire de Yaoundé, ce jour là, le colonel Otoulou entra avec la solennité d’un homme qui s’apprête à révéler un secret d’État… ou à réciter une pièce de théâtre mal apprise de Guillaume Oyono Mbia.

Personne ne savait encore que le héros de son récit ne serait ni Danwe, ni Amougou Belinga, ni Maxime Eko Eko… mais un pick up sans couleur.

Acte I : Le pick up qui n’avait pas de couleur

Le colonel, droit comme un lampadaire du quartier Général de Yaoundé, déclara d’une voix grave : « Le commando avait deux véhicules : un Prado noir… et un pick up. » Le juge, intrigué, demanda :

— De quelle couleur, le pick up ? Otoulou répondit avec la conviction d’un prophète :

— Pick up. Juste pick up.

Pas blanc, pas gris, pas bleu, pas rouge.

Un pick up hors spectre chromatique, un véhicule métaphysique, un concept platonicien.

Le premier pick up de l’histoire judiciaire à être défini par son essence, non par sa couleur. Dans la salle, un greffier murmura :

— Donc… on note “pick up sans couleur” ?

Le juge acquiesça.

Le greffier soupira.

Le pick up venait d’entrer dans le dossier comme une entité abstraite.

Acte II : Le témoin qui savait tout… parce qu’on lui avait tout dit

Otoulou poursuivit

— Les accusés m’ont dit la vérité parce qu’ils me considéraient comme un aîné. Un aîné tellement respecté que chacun lui confiait des versions différentes, contradictoires, parfois incompatibles avec la physique, la géographie ou la logique.

Mais Otoulou, lui, savait trier.

Il prenait ce qui l’arrangeait, rejetait ce qui l’ennuyait, et construisait un récit où les téléphones disparaissaient comme des illusions d’optique et où les caméras de surveillance filmaient tout… sauf ce qu’il fallait.

Acte III : Le DGRE omniscient… ou amnésique

Otoulou expliqua ensuite que le DGRE savait tout, sauf quand il ne savait rien, et qu’il ne pouvait pas ne pas savoir, sauf s’il ne savait vraiment pas.

Le juge tenta de suivre.

Les avocats prirent des notes.

Un soldat au fond de la salle se demanda s’il n’était pas en train d’assister à un spectacle de stand up involontaire.

Acte IV : Le téléphone fantôme

Puis vint l’histoire du téléphone disparu.

Un iPhone volatilisé, passé de main en main, rendu, repris, perdu, retrouvé, reperdu.

Un téléphone qui, selon Otoulou, constituait un indice capital.

Un téléphone qui n’avait jamais été retrouvé.

Un téléphone qui, finalement, devint aussi immatériel que le pick up sans couleur.

Acte V : Le résumé final

Otoulou conclut avec la certitude d’un narrateur omniscient :

— Danwe ne mentait pas. Il ne peut pas mentir, c'est mon collègue, nous sommes comme les deux fils d'Ismaël Dzewarama de Mongo Beti. Et tout le monde comprit que, dans cette histoire, la vérité n’était pas un fait… mais un personnage. Un personnage aussi insaisissable que le pick up sans couleur.

Ce que cette petite fable montre

Le témoignage du colonel Otoulou, tel que rapporté, est truffé d’incohérences, de contradictions et d’interprétations personnelles. Le récit ressemble davantage à une narration subjective qu’à une déposition rigoureuse. L’ironie du “pick up sans couleur” symbolise l’ensemble : un témoignage où les éléments matériels deviennent flous, mouvants, presque imaginaires

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