Inquiétudes : les risques actuels qui pèsent sur le pays

Important Carrefour A Yaounde.png Un pays à risques

Tue, 15 Sep 2026 Source: www.camerounweb.com

Moody’s, grande entreprise américaine, est spécialisée dans l’analyse financière, la recherche économique et la notation de crédit des entreprises ou des États. Elle ne dégrade pas la note du Cameroun, mais le maintient dans la catégorie à « risque très élevé », résume le blogueur Boris Bertolt sur sa page.

Contrairement à ce que pourrait laisser penser une lecture optimiste de la dernière décision de Moody’s, le Cameroun n’a pas bénéficié d’une amélioration de sa notation financière. L’agence américaine a simplement maintenu la note souveraine du pays à CAA1, avec une perspective stable, à l’issue de sa décision du 21 août 2026. Cette note est celle du Cameroun depuis juillet 2023. Autrement dit, pas de nouvelle dégradation, mais pas d’amélioration non plus.

CAA1, qu’est-ce que cela signifie concrètement ?

Dans la classification de Moody’s, CAA1 correspond à une dette présentant des « risques substantiels ». La note se situe très bas dans la catégorie spéculative et correspond approximativement à CCC+ chez les autres grandes agences.

Pour le Cameroun, la conséquence est simple : emprunter reste possible, mais les investisseurs considèrent le risque élevé et réclament donc une rémunération plus importante. Le financement de la dette devient ainsi plus coûteux. S&P et Fitch évaluent actuellement le pays un peu mieux, respectivement à B- et B.

Une dette à 44 % du PIB, mais ce n’est pas le principal problème

À première vue, l’endettement camerounais reste contenu. Fin mars 2026, la dette atteignait 15 416 milliards de francs CFA, soit 44,3 % du PIB. Fin juin, elle s’établissait à 15 607 milliards, soit 44,2 % du PIB. Le pays reste donc largement sous le plafond communautaire de 70 % fixé dans la Cemac.

Mais ce ratio ne raconte qu’une partie de l’histoire. Le véritable point de tension se trouve dans la capacité de l’État à trouver suffisamment de liquidités pour honorer ses engagements. Les intérêts de la dette absorberaient désormais environ 9,5 % des recettes publiques en 2026, contre 6,9 % en 2021. À cela s’ajoutent un marché financier régional de plus en plus sollicité, les antécédents d’arriérés de paiement et les difficultés de certaines entreprises publiques susceptibles de nécessiter l’intervention financière de l’État.

Le FMI redevient central pour le budget 2027

C’est aussi pourquoi les discussions avec le Fonds monétaire international sont particulièrement importantes. Les projections budgétaires 2027-2029 prévoient 300 milliards FCFA d’appuis du FMI en 2027, pour des besoins globaux de financement estimés à 3 161,5 milliards FCFA. Le déficit budgétaire pourrait parallèlement atteindre 1 018 milliards FCFA en 2027, contre 808,5 milliards en 2026.

Si ces 300 milliards attendus du FMI ne sont pas mobilisés, Yaoundé devra donc trouver d’autres financements. Or, avec une notation Caa1, emprunter sur les marchés internationaux risque de coûter sensiblement plus cher.

C’est dans ce contexte que le gouvernement explore de nouvelles sources de financement, notamment les marchés obligataires internationaux et des instruments comme les Panda bonds, Samurai bonds ou Sukuk.

La décision de Moody’s peut finalement se résumer simplement : le Cameroun n’a pas été dégradé, mais il reste considéré comme un emprunteur à très haut risque. Le niveau de dette demeure relativement modéré en proportion du PIB ; ce sont désormais le coût du service de cette dette, les tensions de trésorerie, les arriérés et les besoins croissants de financement qui constituent les principaux signaux d’alerte.

Source : Boris Bertolt
Source: www.camerounweb.com