Neuf années sans promotion. C'est le constat accablant des fonctionnaires du Corps du Greffe du Cameroun, qui ont adressé une pétition collective au président Paul Biya, au garde des Sceaux et au ministre de la Fonction publique. Les greffiers, toutes catégories confondues, dénoncent une stagnation de carrière inédite, contraire au Statut général de la fonction publique et au principe d'égalité de traitement. Selon eux, cette absence de perspectives professionnelles a entraîné une démotivation généralisée, un sentiment d'abandon et une dégradation progressive de la qualité du service rendu aux justiciables. Ils évoquent également une crise de gouvernance interne : des départs à la retraite sans remplacement, des postes stratégiques vacants, une multiplication des intérims – certains responsables assurant des fonctions provisoires depuis 2018 –, et une concentration durable des responsabilités qui bloque le renouvellement des cadres et favorise le clientélisme. Les greffiers appellent à une relance des promotions, à la régularisation des postes occupés par intérim, et à une réforme de la gouvernance interne. Une mobilisation qui s'ajoute aux nombreuses revendications des corps de l'administration camerounaise sur la gestion des carrières et les conditions de travail.
Info en continu… LE CORPS DES GREFFES DÉNONCE NEUF ANNÉES DE STAGNATION ET INTERPELLE PAUL BIYA
Le malaise gagne le secteur de la justice au Cameroun. À travers une pétition collective adressée au président de la République, au garde des Sceaux, ministre de la Justice, ainsi qu’au ministre de la Fonction publique et de la Réforme administrative, les fonctionnaires du Corps du Greffe dénoncent une situation qu’ils qualifient d’inacceptable et appellent les pouvoirs publics à prendre des mesures urgentes.
Dans leur document, les greffiers, toutes catégories confondues, affirment être confrontés à une dégradation continue de leurs conditions de travail et de carrière, malgré le rôle central qu’ils jouent dans le fonctionnement quotidien des juridictions du pays.
Neuf années sans promotion
Au cœur de leurs revendications figure la stagnation de carrière. Les pétitionnaires affirment que les agents du Corps du Greffe n’ont bénéficié d’aucune promotion, d’aucun avancement de grade ni d’aucune évolution de carrière depuis plus de neuf ans, contrairement, selon eux, à d’autres corps de la fonction publique.
Ils estiment que cette situation est contraire aux dispositions du Statut général de la fonction publique, au principe d’égalité de traitement entre fonctionnaires et au droit à l’évolution de carrière reconnu aux agents publics.
Selon eux, cette absence de perspectives professionnelles aurait entraîné une démotivation généralisée, un sentiment d’abandon, ainsi qu’une dégradation progressive de la qualité du service rendu aux justiciables.
Une crise de gouvernance dénoncée
La pétition met également en avant ce que ses auteurs présentent comme une crise de gouvernance interne.
Les greffiers évoquent de nombreux départs à la retraite ou décès de responsables qui n’auraient pas été suivis de nominations de titulaires, laissant plusieurs postes stratégiques vacants au sein des juridictions.
Selon les signataires, ces vacances de postes auraient conduit à une multiplication des intérims, certains responsables assurant des fonctions provisoires depuis 2018, soit depuis plus de sept ans.
Les pétitionnaires dénoncent un recours prolongé à ces intérims, qu’ils accusent de favoriser des pratiques arbitraires, des discriminations et des abus d’autorité dans la gestion quotidienne des services.
Ils pointent également une concentration durable des responsabilités entre les mains des mêmes responsables, estimant que cette situation freine le renouvellement des cadres, bloque les perspectives de carrière et favorise le clientélisme.
Des conséquences sur le fonctionnement de la justice
Au-delà de leurs revendications corporatistes, les signataires estiment que cette situation affecte directement le fonctionnement de l’institution judiciaire.
Ils soutiennent que le manque de perspectives professionnelles, les difficultés organisationnelles et l’absence de renouvellement des responsables auraient des répercussions sur la qualité du service public de la justice, le moral des personnels et, plus largement, la crédibilité de l’institution auprès des citoyens.
Un appel aux plus hautes autorités
À travers cette pétition, les membres du Corps du Greffe sollicitent une intervention des plus hautes autorités de l’État afin qu’une réponse soit apportée à leurs préoccupations.
Ils demandent notamment la relance des promotions et des avancements de carrière, la régularisation des postes de responsabilité occupés par intérim, ainsi qu’une réforme de la gouvernance interne permettant de restaurer des perspectives professionnelles et d’améliorer les conditions de fonctionnement des juridictions.
Cette nouvelle mobilisation intervient dans un contexte où plusieurs corps de l’administration camerounaise expriment régulièrement leurs préoccupations en matière de gestion des carrières, de conditions de travail et de gouvernance administrative, alimentant le débat sur la modernisation de la fonction publique et l’efficacité du service public.
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