« Irrecevable » : l'abbé Bakaba revient sur le mot qui a marqué le magistère de Clément Atangana

Abe Bakaba Image illustrative

Mon, 19 Oct 2026 Source: www.camerounweb.com

Invité de l'émission En toute franchise sur Dash Media, l'abbé Étienne Bakaba est revenu sur le mot « irrecevable », devenu emblématique du passage de Clément Atangana à la tête du Conseil constitutionnel. Sans renier ses critiques, il appelle les vivants à la lucidité et à la responsabilité devant Dieu.

C'est une intervention qui mêle critique politique et réflexion spirituelle. Invité de l'émission En toute franchise sur Dash Media, l'abbé Étienne Bakaba a évoqué le défunt président du Conseil constitutionnel, Clément Atangana, à travers le mot qui a marqué son magistère : « irrecevable ».

« Maintenant, quant à "irrecevable", je n'ai pas inventé le mot, il existe dans le dictionnaire », a-t-il d'abord rappelé. « Quelqu'un l'a utilisé à un moment donné, et son utilisation a créé ce que nous connaissons tous au Cameroun. Je suis désolé, mais ce mot va l'accompagner. Il devient inséparable de son magistère. »

Une manière de reconnaître le talent du magistrat tout en soulignant l'impact de ses décisions. « Oui, il a été un brillant magistrat et tout ce qu'on connaît, mais, dans ces dernières années d'exercice, ce mot est resté là. Je l'ai utilisé. »

L'abbé Bakaba a ensuite livré une réflexion sur l'attitude à adopter face à la mort d'une personnalité publique. « Le mystère de la mort, la retenue devant le monde… La retenue, c'est de se dire qu'on ne doit pas me rappeler que j'étais un bandit, que je suis un bandit. Non, non, non ! Si je meurs et que je suis un bandit, qu'on me dise que je suis un bandit. Ça ne me choquerait pas. »

Une manière de refuser l'hypocrisie des hommages convenus. Pour lui, la vérité doit être dite, même après la mort, car elle sert d'abord aux vivants.

L'abbé Bakaba a conclu par une mise en garde spirituelle. « Quand on va dans un deuil pour prêcher, il faut que les gens fassent attention. Quand on va dans un deuil pour prêcher, on s'adresse au mort qui est là, parce qu'il est parti. On s'adresse à nous, les vivants. Donc, au lieu de s'apitoyer sur le cas de celui qui est parti, je demande à nous, les vivants, de faire ce qu'il convient, de peur qu'arrivés devant le Seigneur, nous soyons peut-être déclarés irrecevables parce que nous n'aurons pas revêtu notre robe de noces. »

Un retournement rhétorique saisissant : le mot « irrecevable », qui a marqué le magistère de Clément Atangana, devient une mise en garde adressée aux vivants. Une manière de dire que la justice divine, elle, ne se négocie pas.

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