Le commentateur politique Jacques Bertrand MANG a été formellement convoqué par la Division Régionale de la Police Judiciaire du Littoral pour une "enquête judiciaire", selon une notification d’huissier et une convocation officielle datées du 13 janvier 2026. Les documents, qui lui enjoignent de se présenter le 20 janvier à Douala sous peine de contrainte légale, font suite à ses vives critiques concernant les dépenses somptuaires attribuées à l’entourage présidentiel, notamment le coût élevé des fleurs importées du Kenya ayant orné la cérémonie des vœux de Chantal BIYA, alors que de nombreux Camerounais font face à des pénuries d’eau.
Cette convocation est perçue par ses soutiens et certains observateurs comme une tentative d’intimidation visant à réduire au silence les voix critiques du régime. Dans un climat politique déjà tendu, l’affaire est immédiatement instrumentalisée par l’opposition, qui y voit la preuve d’une répression croissante contre toute dénonciation des privilèges de l’élite au pouvoir. Le Front du Salut National du Cameroun (FSNC) d’Issa Tchiroma, par la voix de ses partisans sur les réseaux sociaux, appelle même à déclencher une "opération pour libérer le peuple camerounais", fusionnant cette affaire judiciaire avec leur narratif de lutte contre un "régime illégitime".
Si les autorités invoquent des motifs judiciaires purs, l’événement s’inscrit dans une série de récents actes perçus comme une criminalisation de la dissidence. La rapidité avec laquelle une procédure a été engagée après les déclarations de MANG alimente les accusations de manipulation politique et renforce les tensions à l’approche d’élections controversées. L’affaire pourrait ainsi devenir un nouveau point de cristallisation des frustrations sociales et politiques au Cameroun.