Le choix de Kribi offre un avantage logistique pour importer des équipements
BGFIBank Cameroun engage 23 milliards de FCFA dans l’unité de broyage de SC CAM à Kribi. Le projet promet un million de tonnes de ciment par an, mais son effet sur les prix et la valeur locale dépendra de l’origine du clinker et du rythme réel des travaux.
La convention signée le 27 octobre avec Atlantic Group finance une usine dans la zone industrialo-portuaire. SC CAM, filiale du groupe ivoirien, prévoit trois catégories de ciment destinées au bâtiment, aux infrastructures et à l’industrie. Les promoteurs annoncent environ 150 emplois directs et indirects.
Le coût total du projet avait auparavant été présenté au-dessus de 39 milliards de FCFA, après un avenant lié à des améliorations technologiques et un calendrier de travaux estimé à vingt-quatre mois.
Le choix de Kribi offre un avantage logistique pour importer des équipements et, potentiellement, du clinker. Mais une unité de broyage n’équivaut pas à une cimenterie intégrée : elle transforme un produit intermédiaire qui peut rester importé. L’impact sur la balance commerciale dépendra donc de la part de matières locales, des coûts portuaires, de l’énergie et du transport vers les grands centres de consommation. La nouvelle capacité peut renforcer la concurrence sans garantir mécaniquement une baisse du prix au détail.
Le financement illustre aussi la capacité de groupes africains à porter ensemble un projet industriel. Pour que cette narration résiste à l’examen, SC CAM devrait publier son calendrier, ses achats locaux, ses engagements environnementaux et la structure des emplois. Les riverains de Kribi sont déjà confrontés à l’industrialisation rapide du littoral. Ils attendront des informations sur la poussière, l’eau, le trafic routier et les mécanismes de plainte autant que sur le nombre de tonnes produites.