Kribi-Lolabé : quarante-deux milliards changent de destination, le risque contractuel reste sur la route

Kribi Plage Image illustrative

Sun, 1 Nov 2026 Source: www.camerounweb.com

Réaffecter des crédits peut financer des routes urgentes, mais ne fait pas disparaître les obligations contractuelles. Le dossier Kribi-Lolabé rappelle qu’un PPP produit des paiements même lorsque le trafic ou la mise en service déçoivent.

Les documents de programmation 2027 proposent de redéployer 42 milliards de FCFA initialement prévus pour les loyers de l’autoroute Kribi-Lolabé et de quatorze péages automatiques. L’argent irait vers l’entretien routier, tandis que les dossiers contractuels seraient apurés séparément. Cette option répond à une contrainte budgétaire : conserver des crédits sur des paiements bloqués peut empêcher de traiter des chaussées dégradées. Mais elle ne tranche ni les réclamations ni les dettes éventuelles envers les partenaires.

Kribi-Lolabé transporte environ un quart du trafic prévu depuis son ouverture, et ses recettes restent inférieures aux hypothèses. Les coûts d’exploitation annoncés dépassent largement les encaissements mensuels. Ce décalage met en évidence le risque de demande, souvent sous-estimé dans les PPP. Si le contrat garantit une partie du revenu, l’État paie même lorsque les véhicules ne viennent pas ; s’il transfère tout le risque, l’entretien peut se dégrader.

Le gouvernement devrait publier la ventilation des 42 milliards, les audits, les montants contestés et le calendrier de renégociation. L’entretien routier mérite un financement stable, pas seulement des crédits libérés par un contentieux. Le dossier est une leçon pour les futurs tramways, autoroutes et péages : les prévisions de trafic doivent être soumises à des scénarios pessimistes, et les garanties publiques doivent être lisibles avant la signature.

 

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