'Qu'il rentre répondre de ses escroqueries devant le Tribunal Militaire de Yaoundé'
Dans une charge très critique, Marthe Cécile Micca présente l’ancien capitaine Kenneth Donald Effoudou Awussi comme un officier radié de l’armée camerounaise et recherché pour des faits d’escroquerie et de désertion. Elle conteste sa posture de lanceur d’alerte et estime que ses accusations publiques contre de hauts responsables de l’État, notamment dans les affaires de complots et de violences, ne seraient pas étayées par des preuves matérielles.
Pendant des semaines, la toile s’est enflammée pour les sorties théâtrales d’un certain Kenneth Donald Effoudou Awussi, ex-capitaine de l'armée camerounaise, réfugié dans l'ombre des plateaux web en Europe. Micro en main et l'œil aux aguets, l'homme se rêve en Edward Snowden du Nkam, égrenant des accusations grotesques d'assassinats, de coup d'État et de complots d'État. Mais derrière ce décor de cinéma à petit budget se cache une vérité beaucoup plus crasse : celle d'un officier déchu, poursuivi pour escroquerie, radié pour désertion en temps de paix, et prêt à profaner la République pour s'offrir un passeport d'asile.
Il est temps de déshabiller le « Capitaine Effoudou ». De remettre les faits à leur place et de balayer d'un revers de main la comédie tragique d'un homme aux abois.
1. DU PALAIS À LA DÉBANDADE : UN PARCOURS D'AVARICE ET DE DÉSERTEURS
Que nous raconte la mythologie créée par le bonhomme ? Qu'il était « le cœur du renseignement d'État », le confident des secrets de la nation. La réalité administrative et militaire est infiniment plus triviale.
Issu de la 35e promotion de l'EMIA (2013-2017), le jeune officier avait certes obtenu un poste au sein du bureau d'enquête de l'État-Major Particulier de la Présidence. Un poste d'exécution, d'analyse de terrain, loin des grands arbitrages stratégiques. Mais au lieu de servir sous le drapeau avec honneur, le capitaine a cédé aux sirènes du gain facile.
Dès 2023, le nom d'Effoudou s'affiche dans les registres disciplinaires pour une ténébreuse affaire de marchandage : 50 millions de FCFA exigés pour faciliter la libération d'un feyman (escroc) bien connu de la place, un certain Pat Diamant, en utilisant abusivement le nom du Contre-Amiral Joseph Fouda.
Pris la main dans le sac, menacé d'arrestation immédiate et de conseil de discipline, le « grand stratège » choisit la voie des lâches : la fuite. Le 13 novembre 2024, un avis de recherche officiel est lancé contre lui. Le 13 mars 2024, la sanction tombe, irrévocable : radiation des cadres de l'armée pour désertion en temps de paix.
Effoudou n'a pas quitté le Cameroun pour « sauver sa vie face au régime » ; il a fui la justice militaire pour échapper aux menottes et à la prison pour escroquerie !
2. LA FABRICATION DU LANCEUR D'ALERTE : LE PONT D'OR POUR L'ASILE EUROPÉEN
Comment un officier radié et recherché par Interpol peut-il justifier sa présence sur le sol européen sans se faire extrader ? Par la fabrique d'un statut de « persécuté politique ».
C'est la ficelle bien connue des déserteurs en rupture de ban : débarquer sur les chaînes YouTube de la diaspora, sortir des histoires à dormir debout, accuser les plus hauts commis de l'État (de Ferdinand Ngoh Ngoh au Général de Gendarmerie) de coups d'État fictifs et d'assassinats, pour remplir les cases du formulaire de l'OFPRA ou des services d'immigration européens.
Effoudou accuse Ferdinand Ngoh Ngoh de préparer un coup d'État avec un légionnaire ? Où sont les preuves ? Aucune note de service. Aucun document stamped « Confidentiel-Défense ». Rien. Rien que de la parlotte, du bavardage de cabaret et des suppositions d'un exilé nostalgique de ses privilèges perdus.
Il accuse le SGPR dans l'affaire Martinez Zogo ? Alors même que le procès se déroule au Tribunal Militaire avec des centaines de pièces à conviction, Effoudou débarque avec son petit roman théâtral, incapable de fournir le moindre enregistrement, le moindre document ou la moindre preuve matérielle.
Comme l'a si bien souligné la Chambre Nationale des Experts Criminels du Cameroun (CNECC), qui a mis en place un collectif d'avocats pour le traîner en justice : Effoudou produit de la fiction médiatique pour nourrir son dossier d'immigration. Il vend de la boue pour acheter son titre de séjour.
3. INSTRUMENTALISATION DU COMBAT FÉMININ : LE VOYEURISME EN GUISE DE SENSATIONNALISME
Toutes ma vie je combat contre les violences faites aux femmes, le harcèlement et les abus de pouvoir à caractère sexuel est sacré et non négociable. Toute accusation d'agression ou de prédation sexuelle au sein de nos institutions de défense mérite une instruction judiciaire intransigeante et la plus grande sévérité si les faits sont avérés.
Mais que fait le capitaine déserteur ? Au lieu d'accompagner dignement des victimes vers les tribunaux ou de fournir des preuves matérielles permettant d'obtenir justice, il jette le nom du colonel à la retraite Didier Badjeck en pâture sur un plateau de télévision, étalant un récit sensationnaliste et non étayé.
Cette démarche ne sert en rien la cause des femmes ni le combat contre la prédation sexuelle. Elle réduit la souffrance et la dignité des victimes à un vulgaire chiffon de chantage politique et de voyeurisme médiatique. Utiliser la cause légitime du droit des femmes comme un simple projectile pour meubler un show YouTube montre le degré ultime d'effondrement éthique du personnage.
4. LE BIAIS DU MERCENAIRE : À QUI PROFITE LE CRIME ?
Il faut poser la question cash : qui finance, qui conseille et qui manipule le petit capitaine ?
À l'approche des épreuves politiques majeures au Cameroun, voir un déserteur disqualifié servir de torpille contre des figures clés de l'appareil sécuritaire n'est pas un hasard. Effoudou est un pion. Un mercenaire de la parole, utilisé par des réseaux tapis dans l'ombre qui cherchent à semer le chaos, à affaiblir le commandement militaire et à créer un climat d'insécurité psychologique dans le pays.
Le peuple camerounais n'est pas dupe. On ne bâtit pas une stature d'homme d'État sur la désertion, le mensonge, l'exploitation du drame des femmes et le chantage.
Le « Capitaine » Effoudou wanted his 15 minutes of fame on the Internet? He got it. Mais devant l'Histoire, devant ses camarades de promotion qui servent la patrie dans le Sangmelima ou au NoSo au péril de leur vie, il ne reste qu'un homme : un déserteur qui a troqué l'honneur du drapeau contre des likes sur YouTube et des promesses d'asile à l'étranger.
Qu'il rentre répondre de ses escroqueries devant le Tribunal Militaire de Yaoundé. Là-bas, il n'y aura ni caméras, ni animateurs complaisants, mais la rigueur de la loi.
Je suis moi que Marthe Cécile Micca
Écrivaine, Infirmière diplômée, Militante sociale et Promotrice d'Association.