Les lampions se sont éteints vendredi 29 mai 2026 sur les 60e et 61e assemblée générale de la Banque Africaine de Développement (BAD) à Brazzaville. Que de belles promesses sur le défi de l’industrialisation de l’Afrique.
Dans la conférence de presse finale, Sidi Ould Tah, le Président de la BAD, a réitéré aux hommes de médias, l’urgence de la transformation des matières premières comme levier efficace de la croissance des pays africains. Selon les prévisions de la Banque mondiale et de la BAD, l’Afrique comptera deux (02) milliards de citoyens à l’horizon 2050. Un continent jeune dont la croissance démographique exponentielle l’exposera à des nouveaux conflits (agricoles, environnementaux, etc.).
Le continent subit depuis des lustres une détérioration des termes de l’échange avec la vague des importations qui déséquilibrent sa balance commerciale. L’Afrique est à la marge des dividendes du commerce international. La Zone de libre-échange continentale africaine (Zelcaf) bute encore sur des barrières communautaires. Le dérèglement du fret international à travers la guerre russo-ukrainienne, et la fermeture de détroit d’Ormuz ont mis en exergue la dépendance des pays africains vis-à-vis des importations.
Pourtant l’Afrique regorge d’un grand potentiel de ressources naturelles dont la transformation pourrait créer une plus-value et accélérer son processus d’industrialisation et de croissance. Les logiques d’extractivisme de la grande anthropophagie occidentale relèguent chaque jour l’Afrique au rang de simple réservoir de matières premières. Les chiffres sont ahurissants. Tenez : l’Afrique exporte une tonne de cobalt à 63 dollars ; par le même coup, une tonne d’aluminium qui n’est autre que du cobalt transformé, lui revient à 3500 dollars. Un véritable marché de dupe.
Le ministre congolais du Plan, a exprimé son scepticisme en invitant les participants à passer pour une fois des paroles aux actes pour voir enfin l’Afrique capitaliser sur son potentiel. Son homologue camerounais, Alamine Ousmane Mey, a passé en revue le portefeuille des projets financés par la BAD avec une part belle accordée à la construction des infrastructures.
Des freins structurels subsistent quant au défi de l’industrialisation de l’Afrique. Au-delà de la mobilisation des financements publics et privés, le défi énergétique, les barrières fiscales, l’environnement des affaires, les lourdeurs bureaucratiques, les scandales judiciaires relèguent l’Afrique à l’arrière-plan, donnant carte blanche à des multinationales et autres cartels qui continuent de la piller, alimentant au passage des foyers de tension et de guerres fratricides.