Déclaration de Douala sur le numérique
Routes et réseaux font circuler les données. L’éducation aux médias doit désormais permettre aux citoyens de comprendre ce qui circule, qui le produit et à quelles fins.
Adoptée à l’issue du SALEMI tenu du 8 au 10 octobre à Douala, la déclaration finale qualifie l’éducation aux médias et à l’information d’« infrastructure invisible » de la citoyenneté numérique. Le texte part d’un constat : l’accès au mobile, aux réseaux sociaux et à l’intelligence artificielle ne garantit pas la capacité à évaluer une source, reconnaître une manipulation ou protéger ses données.
Le document engage les États, l’école, les médias, la société civile, les créateurs et les partenaires techniques. Sa force est de sortir l’EMI du seul fact-checking : elle inclut les algorithmes, les biais, la vie privée, le cyberharcèlement et les contenus synthétiques. Elle insiste aussi sur des méthodes africaines, adaptées aux langues et aux territoires.
L’enjeu commence maintenant. Une déclaration devient utile quand elle produit des programmes, des budgets et des indicateurs. Le réseau #AfricaMilNetwork annoncé devra publier des objectifs simples : enseignants formés, ressources disponibles, établissements engagés et résultats mesurés. Sans tableau de bord, le consensus risque de rester cérémoniel.