La fiabilité de la parole de Justin Danwe en question : le témoignage clé qui fragilise l'accusation

Justin Danwe Image illustrative

Mon, 3 Aug 2026 Source: www.camerounweb.com

À la barre du tribunal militaire de Yaoundé les 3 et 4 août, le colonel Jean-Pierre Otoulou a de nouveau été entendu dans le procès de l'affaire Martinez Zogo. Mais au-delà du récit des faits, c'est la solidité même de la chaîne accusatoire qui interroge, à la lecture d'un compte rendu détaillé publié par Jeune Afrique.

Selon les éléments rapportés par Jeune Afrique, c'est Justin Danwe, cadre de la Direction générale de la recherche extérieure (DGRE) présenté comme le cerveau opérationnel du commando, qui aurait mis en cause les deux commanditaires présumés : l'ancien patron de la DGRE Léopold Maxime Eko Eko, et l'homme d'affaires Jean-Pierre Amougou Belinga. Or, l'enquête de Jeune Afrique souligne un élément troublant : Danwe aurait d'abord nié connaître Amougou Belinga, avant de se raviser lors d'une confrontation directe pour finalement le désigner comme commanditaire.

Ce revirement, documenté par Jeune Afrique, pose une question centrale pour la suite du procès : une accusation reposant essentiellement sur la parole d'un suspect ayant changé de version peut-elle constituer une base suffisamment solide ? C'est précisément la question que semblent s'être posée plusieurs parties prenantes lors des audiences, d'après le compte rendu du magazine.

Des zones grises dans la conduite de l'enquête

Jeune Afrique relève par ailleurs un détail qui a suscité l'étonnement durant l'audience : Danwe aurait conservé son téléphone portable au tout début de son interrogatoire, alors même qu'il était déjà considéré comme suspect. Le colonel Otoulou aurait justifié ce choix par un geste « d'humanisme » lié à la coopération du suspect — une explication qui, si elle traduit une méthode d'enquête empathique, soulève aussi des questions sur la rigueur procédurale appliquée à un dossier d'une telle gravité.

En creux, ce que révèle l'enquête de Jeune Afrique, c'est la fragilité potentielle du triptyque accusatoire construit autour des aveux de Danwe. Si la défense parvient à démontrer que ce témoignage a été obtenu ou orienté dans des conditions contestables, c'est l'ensemble de l'édifice accusatoire contre Eko Eko et Amougou Belinga qui pourrait s'en trouver fragilisé. Une nouvelle audition du colonel Otoulou est annoncée, et elle sera scrutée de près.

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