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Business News Fri, 7 Jun 2019

La loi de finances révisée provisionne 10 milliards pour les PME

Dans le cadre de la révision de la loi de finances 2019, décidée le 29 mai 2019 par le chef de l’État, le ministère des Finances a renforcé de 10 milliards de FCFA la provision dédiée à la prise des participations. L’information est révélée par une source ayant participé au processus qui a conduit à l’ordonnance signée le 29 mai 2019 par le président Biya.

À en croire la même source, cette nouvelle provision a été constituée pour servir à la recapitalisation de la Banque camerounaise des petites et moyennes entreprises (BCPME). Le Conseil d’administration avait déjà annoncé, en janvier 2019, l’augmentation du capital de cette banque. Il passait de 10 à 20 milliards de FCFA.

Cette perfusion financière arrive après une sanction pécuniaire doublée de l’ouverture par la Commission bancaire de l’Afrique centrale (Cobac), le 30 août 2018, d’une procédure disciplinaire contre la BCPME et ses dirigeants. Le gendarme du secteur bancaire dans la zone Cemac reprochait à cette banque publique de n’avoir pas respecté une injonction à elle faite en 2017. Cette injonction faisait suite au constat, depuis août 2015, du non-respect par cette banque de la norme prudentielle relative au capital minimum. Ce qui signifie que depuis cette période, la BCPME ne disposait pas assez de fonds propres.

Phase de restructuration

La recapitalisation annoncée de la BCPME intervient surtout dans un contexte de restructuration de cette institution bancaire, réforme dictée par le programme économique et financier triennal (2017-2019) entre le Cameroun et le Fonds monétaire international (FMI). «?Le plan d’affaires de la Banque des PME sera remis à jour. En particulier, nous étudierons la possibilité de favoriser l’octroi de garanties ou de lignes de financement à des banques commerciales, plutôt que l’octroi de prêts directs.?», annonce l’institution de Bretton Woods dans un rapport sur le Cameroun, publié le 16 janvier 2018.

En effet, après avoir officiellement ouvert ses guichets dans la capitale camerounaise, le 20 juillet 2015, la BCPME s’est rapidement retrouvée limitée dans ses interventions. En effet, dès la fin d’année 2015, la directrice générale (DG) de cette banque publique en appelait déjà à une injection des liquidités par l’État. Cet appel de fonds, selon Agnès Ndoumbe Mandeng (photo), devait permettre à la BCPME de pouvoir octroyer aux clients des crédits à long terme, plus adaptés à l’investissement pour les PME.

PME, parent pauvre du crédit bancaire

Promise par le chef de l’État camerounais en 2011, au cours du comice agropastoral d’Ebolowa, cette banque lancée en 2015 n’est jusqu’ici fonctionnelle que dans les deux principales villes du pays (Yaoundé et Douala). Détenue à 100 % par l’État, la BCPME ambitionne de réduire les difficultés d’accès aux financements par les PME, qui constituent pourtant plus de 90 % du tissu industriel camerounais.

À titre d’exemple, dans un rapport sur «?l’évolution des taux débiteurs pratiqués par les établissements de crédit de la Cemac?», espace communautaire auquel appartient le Cameroun, la Banque des États de l’Afrique centrale (Beac) révèle que les PME n’ont capté que 18,8 % des financements bancaires au 2e semestre 2018. Contre 63,5 % pour les grandes entreprises.

Source: investiraucameroun.com