Le Cameroun affirme vouloir faire de l’intelligence artificielle un levier d’emploi, de productivité et de services publics. À Séoul, la ministre Minette Libom Li Likeng a annoncé la finalisation d’une stratégie nationale et d’un cadre de régulation. Le prochain défi sera de transformer ces annonces en institutions opérationnelles.
L’annonce a été faite lors du Global AI and Digital Summit, organisé du 19 au 22 octobre en Corée du Sud. Elle prolonge les concertations nationales, le rapport de l’UNESCO sur l’éthique de l’IA et les instructions données en juillet pour achever la stratégie. Le Cameroun dispose donc d’un socle de réflexion. Il manque encore une version publique consolidée avec des priorités, des responsabilités, des budgets et des échéances.
La régulation devra éviter deux écueils : freiner les jeunes entreprises par des procédures disproportionnées ou laisser les administrations et sociétés déployer des systèmes opaques.
Les règles devraient couvrir les données personnelles, la discrimination, la sécurité, le droit au recours et les achats publics. Une attention particulière s’impose pour la santé, l’éducation, le crédit et la sécurité, où une erreur algorithmique peut directement toucher les droits d’un citoyen.
Le pays doit aussi financer les compétences et l’infrastructure. Le plan de passation des marchés du MINPOSTEL prévoit notamment une étude sur un laboratoire de données et d’IA. Ce type d’outil n’aura de valeur que s’il sert des projets précis, partage des données de qualité et publie ses résultats. La stratégie sera crédible lorsqu’un enseignant, une PME ou une mairie pourra identifier le service obtenu, son coût et la protection qui l’accompagne.