Le RDPC à terre : dans la région du Sud, la guerre de leadership feutrée entre Fame Ndongo et Motaze

Pr Fame Ndongo Explication.png Image illustrative

Thu, 20 Aug 2026 Source: www.camerounweb.com

Derrière la façade patrimoniale et touristique du Centre de Nkolandom se joue, en réalité, une rivalité politique de premier plan qui structure durablement les équilibres de pouvoir dans la région du Sud du Cameroun. Une enquête de Jeune Afrique met en lumière l'affrontement latent entre deux poids lourds du RDPC, Jacques Fame Ndongo et Louis Paul Motaze, dont les ambitions respectives dépassent largement le seul cadre local.

Selon Jeune Afrique, cette rivalité s'enracine dans une fracture communautaire précise : d'un côté, la communauté bulue du département du Dja-et-Lobo, terre d'origine de Paul Biya lui-même, qui a pour champion Louis Paul Motaze, ministre des Finances ; de l'autre, les habitants du département de la Mvila, où se trouve la capitale régionale Ebolowa, qui se reconnaissent en Jacques Fame Ndongo. Une opposition qui, selon l'enquête, dépasse la simple rivalité d'ego pour interroger directement la question de la légitimité à représenter l'ensemble de la région du Sud aux yeux du pouvoir central.

Nkolandom, une réponse stratégique à un rapport de force incertain

Ce que révèle Jeune Afrique, c'est que la stratégie déployée par Jacques Fame Ndongo autour de Nkolandom ne relève pas du hasard : faute de pouvoir trancher clairement en sa faveur ce duel de légitimité régionale par les seules voies politiques classiques, le ministre de l'Enseignement supérieur aurait choisi de s'ancrer dans le registre de la tradition et de la mémoire patrimoniale, un terrain sur lequel Louis Paul Motaze ne dispose pas d'un ancrage comparable. L'enquête souligne à cet égard que les habitants de la vallée du Ntem, presentés comme les arbitres potentiels de ce duel d'élites, restent pour l'instant en position d'observateurs extérieurs à cette lutte d'influence.

Ce que cette rivalité documentée par Jeune Afrique illustre, c'est la manière dont les grandes régions camerounaises, loin d'être des blocs politiques homogènes, sont en réalité traversées par des lignes de fracture internes, où chaque département, chaque communauté, cherche à faire valoir son propre champion auprès du pouvoir central — une dynamique dont l'issue pourrait peser lourd dans les recompositions politiques à venir, notamment dans la perspective de la succession de Paul Biya.

Source: www.camerounweb.com