Dans une tribune publiée sur la plateforme Le TGV de l'info, l'éditorialiste Abdoul Lama s'alarme des tensions qu'il perçoit dans l'espace public camerounais et appelle à une prise de conscience pour préserver l'unité nationale. Il pointe notamment la montée des discours communautaires et l'inaction supposée des autorités face à ces dérives, et exhorte la communauté internationale à rester attentive à l'évolution de la situation.
Le Rwanda doit enfin parler au régime BIYA-RDPC pour éviter le pire qui vient
Si rien n'est fait en urgence, le Cameroun risque, comme le Rwanda en 1994, de sombrer dans une déflagration ethnique. Les ingrédients de cette déflagration sont malheureusement déjà là.
Le mal ethnique que le pouvoir en place a inoculer dans le corps social à travers l'instauration d'un tribalisme d'Etat assumé institutionnellement et sans complexe depuis l'élection présidentielle du 7 octobre 2018, est aujourd'hui très profond.
Ce mal s'est exprimée avec vigueur dans toute sa laideur à l'occasion de l'élection présidentielle du 12 octobre 2025.
À cause du tribalisme d'Etat institué par le régime BIYA-RDPC, la situation du Cameroun rappelle donc celle du Rwanda d'avant génocide de 1994.
Toutes les autorités de l'Etat (police, gendarmerie, préfectorale, magistrature, autorités chargée du contrôle des médias), les autorités traditionnelles, les autorités religieuses et morales regardent la haine se répandre sans aucun complexe dans la société.
Elimbi Lobe, l'un des chantre de cette haine décomplexée est reçu par le Premier Ministre Joseph Jonh NGUTE sans aucune conséquence politique. Il va de plateaux en plateaux de télévisions pour répandre sa haine au vu et au su des OPJ et des procureurs. Même lorsque des plaintes sont déposées contre lui, c'est sans effet. La justice étant, semble t-il très occupée à maintenir l'ordre politique par la répression arbitraire des opinions dissidentes à celle du RDPC.
La CRTV, Cameroon Tribune, des médias d'état, font des editoriaux haineux contre quiconque ose avoir une ambition politique contre Paul BIYA, et surtout, refuse toute compromission avec le régime(de nombreuses archives sont disponibles). Sur ces médias, un opposant qui refuse la compromission politique est présenté comme un ennemi de la nation et est l'ostracisé. Sa communauté sociologique est menacée. C'est en tout cas ce que démontre les arrestations et les condamnations dans la foulée des élections présidentielles du 7 octobre 2018 et du 12 octobre 2025.
Parce que Claude Abe, Dieudonné Essomba, Owona Nguini, le ministre délégué Jean de dieu momo, jean Ngatsi, Raoul MBIA, Ernest Obama, etc...., des médias privés tels Canal2 International, STV, Vision4, Info TV etc.. défendent le pouvoir en place, chaque observateur objectif peut constater qu'ils propagent à longueur de journée de la haine contre des communautés nationales précises et contre un acteur politique précis, sans jamais être inquiétés ni par les OPJ ni par la justice.
Le sommet du pouvoir ne semble pas gêné de leur compagnie, bien au contraire. D'ailleurs, ils sont pour certains très introduits au palais présidentiel et dans les cercles les plus restreints et les plus hauts du pouvoir. Dans le cas par exemple d'Ernest Obama, il fait même office de ministre de la communication de la Présidence de la République.... L'organe en charge de la police des médias semble très occupé à surveiller ceux qui expriment leurs désaccords avec le pouvoir qu'à sanctionner les médias de la haine, les "Radios Milles Colines" version camerounaise.
Les responsables de la communication du RDPC, le parti au pouvoir, démontrent au quotidien dans les débats publics que les lois en vigueur au Cameroun ne leur sont pas opposables. Avant l'élection présidentielle du 12 octobre 2025, ils ont sur des médias appelé l'armée à faire un coup d'Etat si jamais Maurice KAMTO venait battre Paul BIYA dans les urnes. Le tribunal militaire si prompt à réprimer les opposants politiques à fait le sourd, malgré le dépôt d'une plainte par le MRC.
Finalement, on ne sait pas si s'était pour éviter à l'armée de faire donc le coup d'Etat en cas de victoire de Maurice KAMTO que celui-ci a été éliminé de cette élection de façon rocambolesque.
Le pouvoir en place semble manifestement avoir délibérément fait de la région du Sud, la région natale du président de la république, un État à part. Un État où certaines communautés précises ne sont plus en sécurité, tout comme leurs biens. La multiplication des bouffées de violences à caractère tribal, l'impunité organisée des auteurs de ces violences ethniques, le silence coupable du pouvoir face à la zenophobie décomplexée qui s'y exprime n'annoncent rien de bon pour le Cameroun.
Toutes les autorités de l'Etat, si promptes ailleurs et même zélées en matière de maintien de l'ordre, sont comme tétanisées dès lors qu'il faut combattre la haine et la zenophobie dans la région du Sud. Les nombreuses élites politique de cette région, à commencer par le Président de la République lui même, sont inaudibles face à politique d'apartheid qui s'installe dans leur région. Visiblement, les autorités en charge de la sécurité des hommes et des biens ont bien intégré qu'on ne commande pas dans la région natale du Président de la République comme on commande ailleurs. C'est là, le piège politique dans lequel Paul BIYA et le pouvoir en place se sont enfermés. Sur l'autel du maintien coûte que coûte au pouvoir, ils ont sacrifié l'unité nationale et exposé la nation à la déflagration ethnique.
Personne ne peut souhaiter le malheur à sa nation, à son peuple cependant, si jamais celui advenait, nul ne pourrait alors dire qu'il n'était informé que le Cameroun était en voie de rwandanisation. Tous les indicateurs objectifs sont là, la zenophobie qui s'exprime dans la région natale de Paul Biya de façon cyclique n'est en réalité que la fièvre qui annonce une maladie plus grave :la dislocation de nation camerounaise. Afin de réaliser l'ampleur du pire qui menace le Cameroun, il faut rappeler que depuis dix ans les séparatistes anglophones armés sont aux prises avec l'armée nationale, que Boko Haram dicte sa loi dans l'extrême nord du pays depuis plus de dix et que plus de 3,5 millions de personnes sont menacées de famine dans la partie septentrionale du pays, et que Paul BIYA est âgé de 93 ans, très fatigué physiquement et mentalement et que son pouvoir est désormais entre les mains de clans ennemis tapis dans l'ombre.
Alors, que les patriotes, les démocrates camerounais, la communauté internationale agissent maintenant pour sauver le Cameroun pendant qu'il est encore temps.
Par Abdoul Lama
Le TGV de l'info